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Energie
Piles
à combustible : les micro-centrales de l’avenir ?
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Produire
de l’électricité et de la chaleur de manière décentralisée : telle
est la fonction des piles à combustible. Peu polluantes, quasi silencieuses,
elles présentent de multiples atouts, même si leur principal défaut
reste le coût. |
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En
France, la pile à combustible a fait son apparition à Chelles (Seine-et-Marne)
en décembre dernier. Une réalisation initiée par EDF/GDF, qui permettra
un premier retour d’expérience. L’ADEME a apporté un financement
de 800 KF sur un investissement total de 10 MF (dont 5 MF pour le
seul achat). Cette micro-centrale (une pile à acide phosphorique
fabriquée par la société américaine Onsi) d’une puissance de 200
kW électriques et 200 kW thermiques alimente l’équivalent de 200
foyers en électricité et en chauffage.
La technologie employée dans les piles à combustible est indirectement
issue des programmes spatiaux et repose sur des réactions électrochimiques.
On injecte un combustible (de l’hydrogène stocké ou fourni à la
demande) à l’anode. En s’oxydant, ce gaz produit à la fois des électrons,
(créant ainsi un courant continu), et des protons, qui migrent vers
la cathode où se trouve l’oxygène. Résultat : non seulement une
production de chaleur accompagne celle d’électricité, mais la combinaison
de l’hydrogène et de l’oxygène forme de l’eau, principal rejet du
système.
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Une pollution faible
Sur le plan environnemental, cette technologie émergente a le mérite
d’être peu polluante. Dans l’idéal, l’utilisation d’hydrogène pur
comme combustible éviterait tout rejet polluant. Ce gaz pose cependant
des problèmes de sécurité. La solution est donc d’employer un combustible
carboné (gaz naturel, essence, méthanol…) qui fournit de l’hydrogène
grâce à un système de conversion (généralement un vapo-réformage).
Ce procédé présente l’inconvénient de produire aussi du gaz carbonique
(CO2). Toutefois, les niveaux de température de ce procédé évitent
la formation d’oxydes d’azote thermiques.
Outre son caractère peu polluant, la pile à combustible offre l’avantage
de rendements électriques élevés (35 à 60 %) par rapport aux systèmes
conventionnels comparables de production d’énergie. Enfin, les piles
à combustible n’émettent qu’un faible niveau sonore. «Les seules
pièces en mouvement des systèmes piles à combustible sont le compresseur
et la pompe. L’ensemble est donc peu bruyant», explique Arnaud
Mercier, ingénieur de l’ADEME à Angers.
Des freins techniques et économiques
La technique qui doit encore arriver à maturité et des coûts qui
restent élevés constituent des freins au développement des piles.
Un kilowatt-heure produit par une pile à combustible coûte actuellement
cinq à six fois plus cher que son équivalent fourni par une technologie
conventionnelle (turbine à gaz, centrale à charbon…).
Néanmoins, les prix baisseront naturellement avec l’augmentation
du volume du marché et l’avenir pourrait s’annoncer florissant pour
ces systèmes qui présentent un double intérêt : leur capacité à
produire de l’énergie de manière décentralisée, à proximité des
utilisateurs (même si le raccordement au réseau électrique reste
nécessaire en cas de dysfonctionnement), et leur faculté à être
dimensionnés aux différents besoins. Maison individuelle, immeuble,
usine peuvent ainsi disposer de leur propre pile en fonction de
leur consommation d’énergie.
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Améliorer
les performances
Trois projets de recherche menés par l’ADEME en partenariat
avec le CEA,
EDF-GDF, Rhodia et le CNRS visent à améliorer les performances
des systèmes utilisés et à augmenter la longévité des piles
à combustible. L’axe principal des travaux entamés porte sur
l’abaissement de la température de fonc-tionnement des piles
(de 1 000°C, on passerait à 800°C), ce qui permettrait l’utilisation
de matériaux moins coûteux, de diminuer les fortes contraintes
qu’ils subissent… et d’améliorer la rentabilité économique des
piles. Les premiers résultats sont attendus d’ici 2003. |
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