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Dans
les zones rurales, il n’est pas rare qu’un ou plusieurs clients
absorbent une grosse part de l’énergie électrique, ce qui cause
d’importants problèmes de chute de tension pour tous les abonnés
situés sur le même « départ ». On parle alors de « départ en contrainte
». Pour tenter de trouver des solutions économiques à ce problème,
le Syndicat intercommunal d’électrification de Maine-et-Loire (SIEML),
l’ADEME et EDF ont expérimenté des solutions de maîtrise de la demande
d’électricité (MDE) dans cinq communes. « Comme tous les syndicats
intercommunaux d’électrification, nous recensons les réseaux électriques
qui méritent d’être renforcés. Leur grand nombre fait que, financièrement,
nous ne pouvons en réaliser qu’une partie chaque année. D’où notre
intérêt pour la recherche de solutions alternatives, telle la MDE
», explique M. Chapelain, directeur général du SIEML. Trois
bureaux d’études ont mené un travail approfondi chez les particuliers
sur seize départs en contrainte, afin de recenser précisément leurs
installations électriques, leurs consommations et leurs modes d’utilisation
(horaire, fréquence, etc.). Sur dix de ces départs, des solutions
MDE se sont révélées économiquement valables.
Des matériels nouveaux
Les solutions dégagées sont diverses : interventions sur le réseau
(transformateurs de tension, onduleurs) et interventions après compteur
électrique (appareils plus performants, éclairage basse consommation,
groupe électrogène, chaudière à bois…). « L’expérience nous a
aussi permis de tester des matériels nouveaux : un décaleur qui
répond aux fortes chutes de tension et un transformateur tri-mono
qui permet de rééquilibrer les tensions. Ces deux matériels vont
être homologués », ajoute M. Bouillart qui a suivi le dossier
chez EDF-GDF Services Anjou. La réalisation des installations a
été compliquée, et parfois retardée, par des problèmes juridiques
et administratifs. En effet, le SIEML n’était pas habilité à financer
avec des fonds publics les installations après compteur électrique,
qui relèvent du domaine privé de l’abonné. L’ADEME et EDF ont donc
pris en charge les frais de travaux « après compteur », et le SIEML
les frais « avant compteur ». Au final, le projet n’a porté que
sur cinq départs en contrainte (sur les dix prévus) et a été achevé
fin 1999.
« Pour installer des solutions de MDE dans de bonnes conditions
économiques, il est préférable de se limiter à des situations ne
présentant pas de chutes de tension supérieures à 15 %. D’autre
part, nous avons constaté que l’équilibrage des phases chez les
clients, mais aussi et surtout sur le réseau, est fondamental »,
explique Dominique Birrien, ingénieur en charge des problèmes énergétiques
à la délégation régionale Pays de la Loire de l’ADEME.
Pour l'heure, les bons résultats enregistrés par des
campagnes de mesure en cours indiquent que les problèmes
de gestion et de maîtrise de la demande d'électricité
ont été résolus.
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