|
| |
Biogaz
L’indispensable
valorisation
|
|
| |
La
valorisation du biogaz dépasse le seul intérêt de l’exploitation d’une
énergie renouvelable. Elle permet aussi d’éviter l’émission d’un gaz
participant fortement à l’effet de serre. De plus, la méthanisation
constitue une solution durable de traitement des déchets organiques.
|
|
| |
Essentiellement
composé de méthane issu de la fermentation anaérobie des matières
organiques, le biogaz est produit naturellement par les décharges
ou fabriqué par méthanisation. Lorsqu’il n’est pas valorisé, le
biogaz produit par les décharges est brûlé en torchères afin d’éviter
la dispersion dans l’atmosphère de ce gaz à effet de serre. Les
décharges d’ordures ménagères «classiques» devront fermer d’ici
à 2002, mais elles continueront à produire du biogaz pendant vingt-cinq
à trente ans.
La méthanisation des déchets ménagers pourrait prendre le relais
des décharges. Elle permet de traiter les ordures ménagères, boues
des stations d’épuration, déchets des industries agro-alimentaires
et effluents agricoles, de disposer dans le même temps d’une énergie
renouvelable, et de récupérer un produit présentant une valeur agronomique,
le digestat. Des études de faisabilité sont en cours sur le dimensionnement
optimal des équipements de méthanisation des effluents agricoles
et alimentaires.
«Les collectivités se montrent très intéressées par la méthanisation
dans la mesure où elle apporte aussi une solution au traitement
des déchets, indique Christophe Barel, ingénieur à l’ADEME.
Nous avons donc conçu un guide méthodologique à leur intention.»
La valorisation énergétique du biogaz est obtenue par combustion
directe – une chaudière produit de la vapeur utilisée pour le chauffage
– ou par cogénération. Dans ce cas, les conditions de mise en œuvre
dépendent de la taille de l’installation (pour les tailles modestes,
moteurs avec ou sans récupération de chaleur).
Aujourd’hui, 150 000 tep de biogaz sont récupérées et valorisées
sur 400 000 tep récupérables. La chaleur produite doit être utilisée
localement car elle se prête mal au transport, ce qui peut néanmoins
devenir un atout pour des industriels désireux de disposer d’une
source d’énergie autonome et renouvelable.
|
Le
biogaz des décharges, un des gisements
les plus importants, est encore peu valorisé.
©
F.Dunouau/ADEME
|
 |
| |
Viabilité économique
Le biogaz de
décharge, un des gisements les plus importants, est encore peu valorisé.
L’ADEME a lancé en 1999 un appel d’offres, en partenariat avec EDF,
auprès des centres d’enfouissement techniques. Sur 24 projets déposés,
5 ont été sélectionnés, qui totalisent une puissance de 13 MWe.
L’électricité produite à partir d’énergies renouvelables est rachetée
par EDF à un prix variant de 29 à 34 centimes le kWh. «C’est
toute la viabilité économique de ces installations qui est conditionnée
par le prix de rachat de l’électricité, souligne Olivier Théobald,
ingénieur à l’ADEME. Le tarif proposé par EDF permet une exploitation
rentable des équipements sur une durée d’amortissement d’environ
quinze ans.»
Parallèlement, l’ADEME a mené des travaux avec Gaz de France : chaufferies,
biogaz carburant, voire injection directe dans le réseau de gaz
naturel. Alors que la production de chaleur et d’électricité fonctionne
aujourd’hui de manière satisfaisante, la technique d’injection demande
encore à être approfondie, sur la base de travaux menés à l’échelle
européenne.
L’ADEME prépare un programme national sur le biogaz et la méthanisation.
|
|
| |
Le
biogaz de A à Z
Pour répondre à la plupart des interrogations concernant la
valorisation du biogaz, l’ADEME a publié un guide méthodologique
à destination des acteurs intervenant sur le sujet au sein des
collectivités locales. Un ouvrage qui se veut avant tout pratique
puisqu’il aborde, de manière très détaillée, toutes les phases
de la mise en place d’une unité de production, de sa conception
à sa réalisation.
Le biogaz et sa valorisation, guide méthodologique, ADEME
Editions, réf. 3104,
130 F (soit 19,82 Euros). |
|
|
|