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Gestion
des déchets ménagers
Recyclerie
: une filière émerge
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Beauvais, depuis quinze ans, Les Ateliers de la Bergerette expérimentent
un concept de valorisation des biens de consommation, notamment des
encombrants. |
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«
Jouets,
électroménager, huiles de vidange,... la recyclerie accueille les
déchets des ménages, hors gravats et déchets verts », précise
Sylvie Chappelet, coordinatrice des Ateliers de la Bergerette, «Notre
mission consiste à développer des filières de valorisation par réemploi
ou recyclage». La collecte se pratique par apport volontaire,
ramassage sur rendez-vous ou contrats avec des collectivités. Chaque
objet est trié et analysé. S'il est réparable, il est remis en état
et vendu dans le magasin. S'il est trop abîmé, il est démonté, ses
pièces sont récupérées ou recyclées. Textiles, métaux, bois..., la
recyclerie envoie les composants dans une quinzaine de filières de
recyclage parfois voisines : «Un artisan reprend les plumes et
le duvet qu'il réemploie dans des couettes».
«Animés d'une vraie volonté environnementale, les Ateliers de la
Bergerette font émerger une nouvelle filière pour des objets qui jusqu'ici
partaient en enfouissement» souligne Moïse Lefranc, ingénieur
à la délégation régionale Picardie de l’ADEME.
“Nous sensibilisons les habitants”
Association loi 1901, la recyclerie compte 16 salariés et gère 725
tonnes d’objets. Elle se rapproche des entreprises d'économie sociale
avec un souci de création d'emplois pérennes, des principes d'autogestion,
d'autofinancement, et de service au public. En 1999, ses ressources
provenaient principalement des ventes en magasin (60%), des actions
de formation et d'animation (18%), des contrats avec les collectivités
(5%) et des ventes de matériaux pour recyclage (5%). Sylvie Chappelet
poursuit : «Lutter contre le gaspillage, respecter l'environnement...notre
objectif est d'aider au changement des comportements. A travers des
animations dans les écoles, les villages, à travers des fiches d'information
sur les matières, nous sensibilisons les habitants».
Bientôt un réseau
Aujourd’hui, l'idée est de faire essaimer le concept. En 1999, trois
jeunes ont suivi aux Ateliers de la Bergerette une formation de développeur
dans le but de créer d’autres recycleries, suivie d’un accompagnement
sur le terrain pendant un an. D'un montant de 300 000 F, ce programme
a été soutenu par le FREMED, fonds commun de l’ADEME et du Conseil
régional de Picardie. Moïse Lefranc explique : «L'ADEME est intéressée
par la recyclerie à plusieurs titres : la valorisation des déchets,
la création d'emplois durables, la sensibilisation du public à l’éco-citoyenneté.
Actuellement, nous travaillons avec Les Ateliers de la Bergerette
à définir des indicateurs de fonctionnement.»
Autre atout de l'essaimage : le travail en réseau. «En mettant
en commun nos moyens, nous pourrons acquérir des matériels coûteux,
par exemple un récupérateur de CFC des réfrigérateurs» appuie
Sylvie Chappelet. «Nous pourrons également démultiplier nos actions
de sensibilisation du public».
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En recyclerie, chaque objet est analysé :
s’il est réparable, il est remis en état et revendu.
©
O.Sebart/ADEME |
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Un
cadre contractuel adapté
Pour Etienne Le Roy, ingénieur au département Technique des
déchets de l’ADEME, les Ateliers de la Bergerette apportent
aux collectivités la preuve que la valorisation des déchets
encombrants peut être créatrice d’emplois et permettre d’équiper
à prix réduit des familles défavorisées.
Il appartient néanmoins aux collectivités de proposer à ce type
d’entreprises un cadre contractuel adapté, afin de rechercher
le meilleur équilibre entre les coûts d’élimination économisés,
la rémunération d’une prestation, et la création d’emplois.
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