Lorraine

Une démarche de valorisation des solvants

 

  La société Lawson Mardon Morin s'est engagée depuis plus de dix ans dans un programme progressif de dépollution et de réduction des rejets de solvants à l'atmosphère.  

  Le nouvel incinérateur de l'usine d'emballages :
97% des solvants sont aujourd'hui traités


© L.Perquis/ADEME
 

 

« C'est l’aboutissement de dix ans de travail ! » s'exclame Robert Hertzler, responsable maintenance, devant les installations de traitement des émissions atmosphériques de la société Lawson Mardon Morin à Sarrebourg (Moselle). Cette entreprise a engagé une démarche exemplaire pour valoriser, en trois étapes, les émanations de solvants contenus dans l’air de séchage (2400 tonnes de COV en 1989) provenant de la production d'emballages alimentaires souples. « Nous avons envisagé cet effort dans le cadre d'un programme global de gestion de l'environnement sur le site », explique Robert Hertzler.

Le bilan énergétique est optimisé
Après avoir supprimé l'usage de tout solvant chloré et maîtrisé les concentrations en autres solvants dans l'air de séchage des presses d'impression, Lawson Mardon Morin engage, en 1990, une première phase de travaux (12 MF avec une participation ADEME de 0,8 MF). Un incinérateur est mis en place en aval d’un collecteur de récupération des vapeurs de solvants à la sortie des machines de production. La chaleur contenue dans l’air épuré est utilisée à la fois pour réchauffer l'air entrant et pour fournir de l'énergie. «Nous avons cherché à minimiser les flux d'air absorbés par les machines, résume Robert Hertzler, et à maximiser la récupération d'énergie dans les incinérateurs. A cette étape, 40% des émanations de solvants étaient traités
En 1992, un deuxième incinérateur et la modification d'autres équipements de production ont porté ce taux de traitement à 65%. Après des travaux intermédiaires pour raccorder de nouvelles machines au collecteur, un troisième incinérateur est installé en 1998 (5,5 MF avec participation de l’ADEME de 1,42 MF). Cette politique volontariste d'investissements (35 MF sur dix ans) a permis d'optimiser le bilan énergétique de l'usine : un tiers de l’air de séchage est prélevé dans l’atmosphère et deux tiers proviennent de l’air recyclé. Quant au taux de solvants rejetés dans l'atmosphère, Lawson Mardon Morin fait mieux que les 50 mg/m3 réglementaires, en se maintenant sous la barre des 20 mg/m3. Enfin, en 1999, plus de 97% des solvants injectés dans le système ont été traités. «Bien entendu, rappelle Jacques Szerman, ingénieur à la délégation régionale de l’ADEME en Lorraine, une telle approche progressive nécessite que l’entreprise se préoccupe du traitement à mettre en œuvre plusieurs années avant les échéances fixées par la réglementation. En d’autres termes, une entreprise qui souhaiterait adopter aujourd’hui cette démarche devrait prendre en compte les échéances fixées par la directive européenne de mars 1999 sur la réduction des émissions de COV, directive qui va prochainement être intégrée à la réglementation française

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L’entreprise
C.A. : 450 MF.
Effectif : 380 personnes.
50 % de la production à l'exportation.
Installation certifiée Iso 9001.
 

 
100 % de déchets de production valorisés
Grâce à un accord avec Les Ciments d'Origny, dont l’usine est proche de Sarrebourg, 100 % des déchets de production de la société Lawson Mardon Morin sont valorisés énergétiquement. A cette fin, la société a accepté de rémunérer 1 million de francs par an son partenaire, plutôt que de consacrer 600 000 F à l'enfouissement. Un surcoût important que Robert Hertzler justifie en évoquant la pérennité de la filière : “A terme, nous savons que l'enfouissement, c'est fini. En favorisant une filière locale, nous renforçons encore notre démarche de développement durable.
 

 


 
 
Jacques Szerman
Tél. : 03 87 20 02 90
jacques.szerman@ademe.fr
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