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Dominique
Voynet commente en exclusivité pour La Lettre le vote du budget 2000
de son ministère et évoque ses attentes vis-à-vis de l'ADEME.
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Un
budget pour un ministère de plein exercice
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Dominique
Voynet, Ministre de l’Aménagement du territoire et de l’environnement,
aux côtés de Pierre Radanne, Président de l’ADEME.

©
Gallier/ADEME
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La Lettre ADEME : Quelles sont les priorités du budget 2000 du MATE
?
Dominique Voynet : Je voudrais d’abord relever que ce
budget augmente globalement de 8 %, ce qui constitue la plus forte
progression du budget de l’Etat : cela m’apporte une grande satisfaction,
même si nous sommes encore loin des attentes et des besoins de la
société.
Pour la seconde année consécutive, c’est le budget de l’environnement
qui croît le plus, là où les retards sont aussi les plus criants,
en particulier en moyens humains. Ma première priorité va donc au
renforcement des effectifs, dans l’administration centrale et les
services déconcentrés. Les récents événements, du naufrage de l’Erika
aux tempêtes, ont aussi malheureusement prouvé qu’il fallait encore
renforcer les moyens de prévention des pollutions et des isques, ceux
de l’INERIS, et ceux de l’ADEME pour mettre en œuvre les orientations
gouvernementales, en particulier en matière de déchets et de bruit.
Dans le domaine de l’eau, je me félicite de la création du Fonds national
de solidarité pour l’eau, instrument d’une plus grande solidarité.
La protection de la nature, des sites et des paysages n’a naturellement
pas été oubliée, avec une forte progression du Fonds de Gestion des
Milieux Naturels, que j’avais créé dès 1999.
En matière d’aménagement du territoire, ce budget nous donne les moyens
de mettre en œuvre nos engagements dans le cadre de la loi de juin
dernier, comme dans le domaine des contrats de plan en cours de signature.
Là aussi les besoins pour les prochaines années sont importants.
Quel bilan tirez-vous
de la mise en place de la TGAP et quelles sont les évolutions à venir
?
Dominique Voynet : J’y vois un tournant
majeur en France, pays longtemps rétif à décourager les activités
polluantes par une fiscalité incitative. Les politiques environnementales
en étaient traditionnellement absentes. Cette fois, elles y font leur
entrée par “la grande porte”, soulignant par ce biais les apports
réciproques entre économie et environnement.
Mais la mise en œuvre de cette avancée, si elle nous donne enfin l’occasion
de rattraper notre retard en la matière, doit faire l’objet de toutes
nos attentions : je reste vigilante - nos engagements budgétaires
le prouvent - sur l’équilibre de financement de l’ADEME. Je dois aussi
faire très attention à ce que le contenu de chacune des accises “anti-pollution”
que comporte la TGAP (taxe générale sur les activités polluantes)
ne soit pas affadi : les discussions sur l’intégration des produits
phytosanitaires, des lessives phosphatées, des granulats ou des consommations
intermédiaires d’énergie montrent que nombreux sont les groupes qui
se satisfont du maintien des comportements polluants et que ces groupes
trouvent des relais là où on ne les attend pas toujours. Je souhaite
que la TGAP soit un instrument efficace de lutte contre l’effet de
serre et pour une plus grande maîtrise de notre demande d’énergie.
Un regret enfin : je crois que l’intégration de la TGAP au financement
des comptes sociaux nuit à la visibilité de la réforme. Il me semble
qu’il faut reconsidérer cette affectation.
Qu’attendez-vous de
l’ADEME au regard des Contrats de plan Etat-régions ?
Dominique Voynet : Je note que, pour la première fois,
l’ADEME est devenue un partenaire systématique de cette contractualisation.
Je me félicite du travail accompli, auprès des préfets en particulier
: il nourrit de manière décisive l’objectif de développement durable
des contrats en le plaçant au cœur des priorités de l’Etat.
J’attends de l’ADEME la pleine réalisation de ce programme grâce à
un partenariat et une écoute des partenaires régionaux. Elle doit
aussi contribuer à animer le caractère soutenable de ces contrats
auprès des DIREN, des DRIRE et des préfets. Il y va de la reconnaissance,
dans la durée, de ses objectifs et de son action.
Et dans les autres domaines d’intervention
de l’Agence ?
Dominique Voynet : Dans le domaine des déchets, j’attends
de l’ADEME une implication soutenue pour réussir la relance de la
politique que j’ai définie en 1998 : plus d’opérations de réduction
à la source en partenariat avec les industriels, une mobilisation
accrue de sa capacité d’expertise pour aider les collectivités et
l’optimisation de son accompagnement financier. Contre la pollution
de l’air, l’ADEME doit favoriser l’acquisition d’instruments par les
associations pour renforcer le dispositif national de surveillance,
poursuivre son action incitative pour la réduction des émissions de
sources fixes, en particulier industrielles (oxydes d'azote, dioxyde
de soufre et composés organiques volatils, etc.). Quant à
la promotion des énergies renouvelables, de technologies favorables
à la maîtise de l'énergie, ou de la sensibilisation
à ces objectifs, conformément au programme national
de lutte contre l'effet de serre, elles font toujours partie des principaux
objectifs de l'Agence.
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