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En
renforçant le rôle du plan départemental dans le choix des modes de
gestion des déchets municipaux et en fixant à 50% l'objectif "à terme"
de collecte à des fins de valorisation matière des déchets organiques,
des emballages et journaux-magazines, la circulaire ministérielle
de 1998 a posé des objectifs ambitieux avec, en filigrane, la diminution
du recours à l'incinération. Quels en sont les premiers résultats,
à l'approche de l'échéance de 2002 qui va limiter le recours au stockage
aux seuls déchets ultimes ?
Fin 1999, le chantier de la révision des plans départementaux est
en bonne voie : «sur 89 plans déjà publiés, indique Daniel
Béguin, Directeur des Déchets municipaux à l’ADEME, 79 départements
ont entamé leur révision vers un meilleur taux de valorisation matière
et, du même coup, vers une diminution de l'incinération». Côté
production, la quantité d'ordures ménagères continue d'augmenter (+1,8%
par an et par habitant). Au total les déchets municipaux représentaient
43,6 millions de tonnes en 1998 (dont 9 millions dus aux boues d'épuration).
Côté traitement, il faut noter deux progressions spectaculaires :
celle de la collecte multi-matériaux (verre, papier, métaux et plastiques)
qui concerne aujourd'hui 27 millions d'habitants, entraînant une meilleure
valorisation des matériaux secs ; et celle des déchetteries (37 millions
d’habitants desservis par 2100 sites, pour 752 seulement en 1993).
La valorisation organique (compostage) des ordures ménagères n'a pas
connu la même progression, l'image du compost urbain s'étant dégradée.
Par contre, de plus en plus de plates-formes de compostage de déchets
verts ont été aménagées : de 30 en 1993 à 150 en 1998. "De toute
évidence, note Daniel Béguin, le recours au tout-incinération
régresse et le parc évolue, avec un remplacement de petites unités
par de plus grosses usines, moins polluantes et plus performantes
quant à la récupération d'énergie."
"L'ADEME, précise Daniel Béguin, a accompagné cette évolution
par un appui technique aux plans départementaux et au montage de projets,
et par un soutien financier des opérations engagées par les collectivités,
en particulier dans la valorisation matière". En 1992, les besoins
d'investissement des collectivités étaient estimés à 60 milliards
de francs. Fin 1998, 20 milliards étaient déjà réalisés (dont 2 apportés
par l'ADEME). Près de 20 milliards également sont attendus au cours
des trois années à venir. Ainsi considère-t-on que 2/3 des besoins
seront couverts d'ici 2002 : "grâce au budget 2000 qui prévoit
420 MF supplémentaires pour les déchets, conclut Daniel Béguin,
nous pourrons poursuivre l'accompagnement de la politique déchets
à un niveau comparable à 1999 ". |

©
O.Sebart/ADEME
De
plus en plus de plates-formes
de compostage de déchets verts
©
C.Weiss/ADEME
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