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Pollution
atmosphérique
La réduction
des émissions de dioxines
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Les
incinérateurs d'ordures ménagères sont sur la
sellette à l'aube d'une nouvelle directive européenne
limitant les émissions de dioxines. |
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«À
l’heure actuelle, on estime que les incinérateurs contribuent à
50% des émissions globales de dioxines en France » explique Hervé
Pernin, ingénieur au département industrie, milieux et technologies
de l’ADEME. De ce fait, les incinérateurs de déchets ménagers (UIOM)
ont fait l’objet d’une attention particulière de l’Agence, qui avait
exceptionnellement porté en 1999 le taux de ses aides à 50% du montant
des investissements requis pour limiter les dioxines. Fin 1999, une
vingtaine d’opérations avaient ainsi été financées pour un montant
d’aides de l’ADEME évalué à 70 millions de francs.
La Commission européenne a déjà recommandé aux Etats membres de réduire
leurs émissions de dioxines de 90% en 2005 par rapport à 1985. Dès
cette année, une directive européenne sur l’incinération des déchets
ménagers devrait limiter les émissions : immédiatement pour les nouvelles
installations, et en 2005 pour la majorité des installations existantes.
En France, très peu d’incinérateurs de déchets ménagers sont aujourd’hui
soumis par arrêté préfectoral à une valeur limite d’émission de dioxines.
Les textes existants proposent des recommandations de valeurs limites
ainsi que la surveillance des émissions. Mais compte tenu des inquiétudes
suscitées par les dioxines auprès du public, une anticipation de la
directive européenne reste souhaitable.
Optimiser les investissements
Techniquement, l’amélioration des conditions de combustion des déchets
peut diminuer les émissions de dioxines mais reste insuffisante du
fait de leur reformation dans les systèmes de traitement des gaz.
Les moyens proposés sur le marché - captation sur charbon actif et
réduction catalytique - s’attaquent aux dioxines sous forme gazeuse,
en sortie de traitement. Le coût moyen de tels équipements de traitement
peut varier de un à cent suivant la configuration des installations
d’incinération : pour optimiser les investissements, il est donc recommandé
de faire effectuer un diagnostic préalable par un bureau d’études.
L’ADEME estime à 700 millions de francs les investissements nécessaires
pour l’ensemble des UIOM de plus de 6 tonnes de déchets par heure.
Suivant cette hypothèse, un surcoût variant entre 10 et 50 francs
par tonne de déchets sera donc induit par le traitement des seules
dioxines. L’Agence poursuivra en 2000 sa politique d’aide au financement
des équipements, avec un taux d’aide de 20% maximum.
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©
R.Bourguet/ADEME |
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Un
enjeu majeur
Les dioxines représentent un enjeu majeur de la réduction
des pollutions atmosphériques, du fait de leur accumulation
progressive dans l’environnement et de leur nocivité pour l’homme.
«A l’avenir, une surveillance des dioxines autour de certaines
installations répondra au besoin de transparence exprimé par
les populations. Toutefois, cette surveillance, complexe et
onéreuse, demande à être optimisée» confirme Hervé Pernin.
A cet effet, l’ADEME a confié à l’Institut national de l’environnement
industriel et des risques la préparation d’un cahier des charges
pour la réalisation de ce type de mesures. Il orientera les
campagnes de mesures destinées à évaluer l’incidence des sources
fixes sur la pollution locale par les dioxines. |
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