EPANDAGE DES BOUES : UNE NECESSAIRE TRANSPARENCE
VERS UNE NOUVELLE REGLEMENTATION DES EMISSIONS DE COV
PNEUS USAGES : LA FILIERE S'ORGANISE

 
     

 
 
  Epandage des boues

Une nécessaire transparence

Le recyclage agricole des boues de stations d'épuration doit concilier les enjeux de traitement des déchets et la qualité alimentaire. Des évolutions fortes se dessinent.

 

 
© O.Sébard/ADEME

 
  Les stations d’épuration épandent chaque année sur des terres agricoles 60% des 850.000 tonnes de boues (en matière sèche) résultant du traitement des eaux usées.15 à 20% du tonnage sont incinérés tandis que 20 à 30% partent en décharge. Le problème est triple : restriction de la mise en décharge après 2002, tandis que la production de boues atteindra 1,3 millions de tonnes/an (en matière sèche) en 2005 et que public et décideurs seront plus que jamais sensibles à la gestion des risques sanitaires et environnementaux. Or, l’épandage a des justifications incontestables, en raison de la valeur fertilisante et structurante des boues d’épuration pour les sols, et des économies induites pour les collectivités locales. Mais agro-industries, agriculteurs et consommateurs craignent que des boues épandues sans contrôle suffisant nuisent à la qualité des cultures. «Cette filière souffre d’une mauvaise image. Pour y remédier, une seule solution : mettre en place de "bonnes pratiques" par une organisation maîtrisée et transparente depuis les stations d’épuration et leurs réseaux d'assainissement jusqu’à l’épandage. L’emploi des boues à des fins agricoles est justifiable à ce prix» estime Jacques Wiart, ingénieur à la Direction agriculture et bioénergies de l’ADEME. C’est pour construire et diffuser ces bonnes pratiques que des outils (voir encadré) sont élaborés pour les différents acteurs de la filière : sociétés d’épuration, agriculteurs, élus municipaux et intermédiaires. L’action que l’ADEME conduit avec ses partenaires sur l’épandage trouvera d’ailleurs son prolongement dans la politique de qualité engagée vis-à-vis des composts et de leur utilisation.  

  En préparation  
 
Un projet de certification de l’épandage, initié par le Syndicat des professionnels du recyclage en agriculture et soutenu par l'ADEME (fin 2000)

Une grille d’auto-évaluation de la qualité des boues et des opérations d’épandage (mi - 2000)

Un logiciel de gestion permettant une traçabilité totale des opérations de production et d’épandage (mi - 2000)
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Jacques Wiart
Tél. : 02 41 20 43 05

jacques.wiart@ademe.fr
 

 


 
 
  Réduction des émissions

Vers une nouvelle réglementation des émissions de COV

La directive du 11 mars 1999 sur la réduction des émissions de composés organiques volatils (COV) va prochainement être intégrée dans la réglementation française.

 
  Ce texte réglementaire européen vise à réduire les émissions atmosphériques de COV de 57% en 2010 par rapport à un référentiel évalué en 1990. Les 22 secteurs d’activité concernés devront respecter des valeurs limites d’émissions (VLE), en 2007 pour les installations existantes et immédiatement pour les installations nouvelles. L’intégration de cette directive dans la réglementation française devrait être prochainement réalisée en amendant l'arrêté du 2 février 1998 qui fixe déjà des VLE pour certaines catégories d’installations. L’une des principales innovations de la directive COV est la prise en compte des émissions fugitives, autrement dit des fuites. Ces fuites se produisent notamment au niveau des vannes, des brides et des pompes ainsi qu'au niveau des stockages et de certaines parties des procédés. De par leur nature, ces émissions sont difficilement mesurables. Pour en calculer la valeur, la directive propose une méthode d'estimation à partir des quantités de solvants achetées par les entreprises. Elle fixe ainsi des valeurs limites en fonction de la dangerosité des COV (cancérigènes, mutagènes, toxiques...)
La prochaine réglementation française couvrira tous les secteurs d’activité, sauf le traitement de surface, et reprendra les VLE de la directive européenne. De plus, elle devrait permettre la fixation par arrêté préfectoral de valeurs limites d’émissions fugitives, même dans les secteurs non couverts par la directive. L'échéance de respect des VLE pourrait être fixée à 2005 au lieu de 2007 pour les installations existantes.

 

 

 

 


Les émissions fugitives de COV, notamment au niveau des vannes, sont concernées.

© O.Sébard/ADEME

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Anne Paillier
Tél. : 02 41 20 41 89
anne.paillier@ademe.fr
 




 
 
  Gestion des déchets

Pneus usagés : la filière s'organise

En France, moins de la moitié du gisement des pneumatiques usagés, évalué à 370 000 tonnes annuelles, est valorisée alors que leur mise en décharge sera interdite en juillet 2002.

 

  C’est au cours de la journée technique organisée par l’ADEME sur le thème «Pneumatiques usagés : mettez la gomme sur la valorisation !» que Brigitte Arnould, adjointe au sous-directeur des produits et déchets au ministère de l’Environnement, a annoncé aux 300 participants la préparation d’un décret. Celui-ci devrait instaurer un financement de quelques francs par unité, payé par l’acheteur de pneus neufs, afin de compenser le coût de la collecte et de la valorisation des pneus usagés. Les détails réglementaires ne sont pas encore connus, mais, selon Alain Geldron, adjoint au Chef du département filières et produits de l’ADEME, «le principal problème du prochain dispositif sera le développement des débouchés !» Le broyage avec fabrication de « poudrette » et son incorporation dans les revêtements caoutchouteux (salles de sport, aires de jeux) est un axe possible. «Mais l’un des procédés à fort potentiel, encore peu employé en France pour des raisons de coûts, est l’adjonction de pneus broyés dans les revêtements routiers. On obtient une meilleure tenue aux variations de températures et une absorption efficace du bruit» estime Alain Geldron.
A court terme, le développement de nouveaux débouchés «matières» s’impose d’autant plus que la valorisation énergétique n’est plus la solution sur laquelle on tablait pour écouler entre 120 et 200 000 tonnes de pneus usagés. Les cimenteries, actuellement seules en France à pouvoir ainsi valoriser les pneus, ont annoncé qu’elles augmenteraient assez peu leur capacité d’incinération (30 000 tonnes annuelles brûlées), essentiellement pour des raisons financières.

 

 

 

 

 


© R.Bourguet/ADEME

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Olivier Gillet
Tél. : 02 41 91 40 91
olivier.gillet@ademe.fr
 


   


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