Du 25 octobre au 5 novembre derniers, les pays signataires de la convention climat se sont réunis en Allemagne.  
 
Changement climatique : les conclusions de Bonn
 
 
 
  La conférence de Bonn a montré que la mise en œuvre du Protocole de Kyoto passait par un accord sur les conditions de développement des pays du Sud.

 
  La conférence de Kyoto constituait une étape majeure dans la négociation internationale sur la prévention du réchauffement climatique : les pays industrialisés s’y sont engagés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2010 et des mécanismes de flexibilité ont été adoptés (commerce de permis d’émission, mise en oeuvre conjointe et mécanisme de développement propre). Si un accord était obtenu sur les grands principes, il restait à définir les règles permettant une mise en œuvre effective du Protocole.
A cet égard, les résultats de la conférence de Bonn, un an après celle de Buenos Aires, peuvent paraître très limités. Mais l’ensemble des pays a cerné les points majeurs qui restent sur la table de négociation
pour un accord final en novembre 2000 à la 6e Conférence des Parties de La Haye. Les conditions juridiques de mise en œuvre de l’ensemble du dispositif (« l’observance » des engagements et du commerce de droits) constituent une étape clé. Que se passera-t-il si un pays ne remplit pas ses engagements ? Quelle juridiction traitera des différends pouvant résulter du commerce de permis d’émission et validera les droits ?
L’une des avancées les plus importantes est sans doute la reconnaissance des besoins de développement des pays du Sud pour les associer à la lutte contre l’effet de serre : comment le mécanisme de développement propre peut-il réellement contribuer au développement des pays les plus démunis ? Quels financements permettront l’adaptation des pays les plus vulnérables au changement du climat ? Comment organiser un transfert de technologies vers le Sud ? Les pays développés savent que la réponse à ces questions est incontournable pour parvenir à un accord à La Haye.
La conférence de Bonn a également adopté le projet d’atelier sur les “politiques et mesures” en matière de prévention des émissions de gaz à effet de serre. Cet atelier se tiendra à Copenhague en avril prochain à l’invitation de la France et du Danemark. Il sera l’occasion pour les pays industrialisés mais aussi pour les pays en développement d’échanger leurs expériences.
Tous les espoirs se portent maintenant sur la prochaine conférence de La Haye. La France assurera la présidence de l’Union européenne et, à ce titre, représentera l’Europe dans ces négociations. Dans cette perspective elle a annoncé, par la bouche de Dominique Voynet, qu’elle s’engageait à ratifier le Protocole de Kyoto avant 2002 et à mettre en œuvre un ambitieux plan national de lutte contre l’effet de serre, préparé depuis un an par la mission Interministérielle sur l'Effet de Serre.
 



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M.Courillon/ADEME
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François Moisan
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