Lorraine

Un papetier valorise ses boues

 

  En exploitant les performances calorifiques de boues de désencrage, un papetier industriel produit de la vapeur et préserve l'environnement.  
 

A Golbey, non loin d’Epinal dans les Vosges, l'usine Norske Skog fabrique du papier journal majoritairement à base de papiers récupérés. Pour ce groupe norvégien, quatrième producteur mondial de papiers de presse, le principe du recyclage est une priorité. A l’usine de Golbey, certifiée ISO 14001, toutes les boues produites dans l’usine sont valorisées, après déshydratation mécanique, grâce à une nouvelle chaudière ultra-performante installée à l’occasion d'un investissement dans une deuxième ligne de production (2,4 milliards de francs). Ainsi a été définitivement abandonné l'épandage agricole des boues et éliminé l'éventuel recours à la décharge, avec son cortège quotidien de 40 camions : « cette deuxième ligne de production a été conçue pour travailler à partir de 85 % de papiers récupérés, explique Gilles Rouch, Directeur de la production. De 60000 tonnes de boues à traiter par an, nous savions que nous allions passer à 210 000 tonnes. Mais ces boues ne sont ni des déchets ultimes, ni des produits dangereux. Elles sont combustibles et représentent un apport énergétique intéressant. Nous souhaitions donc mieux les valoriser sur le site. Car chez Norske Skog, nous cherchons systématiquement la technologie disponible la plus performante et la plus cohérente, tant du point de vue environnemental qu'économique ».

Retour d’investissement sur deux ans
Si Gilles Rouch reconnaît que les technologies retenues n'ont rien de révolutionnaire, il insiste en revanche sur l'optimisation obtenue grâce à l'association d'une chaudière à lit fluidisé bouillonnant avec un filtre à manches, d’un traitement des oxydes d’azote et d’un laveur de fumées. Grâce à un investissement total de 145 MF (pour un gain annuel estimé à 42 MF sur les coûts d’exploitation), sont éliminées les écorces de rondins produites dans l’usine, ainsi que celles provenant de scieries de la région (auparavant mises en décharge), les boues de désencrage et celles issues de la station d'épuration de l'usine. Quant à la chaudière, elle produit de la vapeur utilisée pour sécher le papier (deux tonnes de vapeur par tonne de papier produite). Soit, pour Norske Skog, une économie de 34 500 tep/an, avec un retour d'investissement sur deux ans. Et autant de dégagement de CO2 en moins. En sortie de cheminées, les paramètres sont les suivants : des teneurs en poussière (2 mg/m3) cinq fois inférieures aux valeurs de l’arrêté préfectoral, en dioxine (0,01 ng/m3) dix fois inférieures, et en métaux lourds quinze fois inférieures. Quant aux cendres ultimes, totalement stabilisées, elles sont utilisées en cimenterie ou en technique routière, ce qui complète le système de valorisation des déchets.












Toutes les boues produites dans l’usine, en particulier celles de la station d’épuration, sont valorisées grâce à une nouvelle chaudière ultra-performante.
© L. Perquis/ADEME
 

 
Un conteneur rail pour transporter le papier récupéré
Actuellement, les 500 000 tonnes de papiers récupérés que l’usine traite chaque année sont acheminées par camion, alors qu’une partie de la production et des approvisionnements utilise le rail. Pour développer le transport par rail, Norske Skog Golbey a travaillé avec la filiale de la SNCF Ecorail à l’adaptation d’un conteneur ferroviaire pour le transport et le déchargement du papier récupéré en vrac. Dès janvier 2000, des rames de papiers récupérés atteindront Golbey de cette façon, avec un premier objectif : 50 000 tonnes/an. Impact annuel attendu : une économie de carburant de 667 tep, une réduction des émissions de NOx de 36 tonnes, et de CO2 de 2 550 tonnes. Dans le cadre de ses procédures de soutien au transfert modal de la route vers le rail, l'ADEME s'intéresse à cette opération.
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Jacques Szerman
Tél. : 03 87 20 02 90
jacques.szerman@ademe.fr
 


   

   
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