Sites pollués

Tout ce qui brille n’est pas or...

 

  Avec la réhabilitation des sites de Salsigne, en Languedoc, et du Châtelet, en Limousin, l’ADEME applique son savoir-faire à la dépollution des mines d’or.  

 

Le site de Salsigne : éviter le transfert d’arsenic dans les sols, l’air et l’eau.


© ICF Environnement

 
 

 

Si une tonne de minerai d’or contient environ 20 grammes d’or, elle peut contenir aussi plus de 10 kilos d’arsenic ! L’enjeu de la dépollution est double : protéger l’homme, en interdisant le contact direct avec les produits toxiques, préserver l’environnement, en évitant le transfert de l’arsenic dans les milieux : sols, air, eau. C’est au début de cette année que le site de Salsigne a été confié à l’ADEME par arrêté préfectoral, après liquidation judiciaire de la société exploitante. Les déchets se trouvaient à l’intérieur des bâtiments ou carrément à ciel ouvert. Pendant les six premiers mois, l’équipe a procédé à une surveillance active du site, avec reconditionnement sécurisé de certains déchets arséniés. Cette première phase se poursuit, mais l’ADEME est chargée, depuis juin, de démolir les cinquante bâtiments existants. Elle sélectionne actuellement les entreprises qui réaliseront ces travaux. Une étude approfondie sur la réhabilitation proprement dite du site sera rendue à la fin du premier semestre 2001. Commencera alors la dernière phase du projet. L’ADEME, en tant que maître d’ouvrage, procédera aux appels d’offres. Un centre de stockage sera vraisemblablement créé sur place pour abriter une partie des déchets arséniés après stabilisation. Pour les déchets les plus toxiques, trois possibilités : les centres de stockage des résidus ultimes, le stockage en mine ou la valorisation. Les solutions retenues dépendront des critères d’acceptation des sites et des coûts. Une première évaluation montre que l’ensemble de la réhabilitation du site de Salsigne s’élèverait à 200 millions de francs.

Dépollution et aménagement paysager

Le cas du Châtelet est différent. Toute activité minière ayant cessé depuis les années cinquante, le lieu était à l’abandon jusqu’à son classement en site orphelin en 1997 et sa prise en charge par l’ADEME. La mission de l’Agence a d’abord consisté à établir un diagnostic approfondi, incluant une étude de risques et d’impact. Les résultats ont mis en évidence une forte toxicité des déchets arséniés. D’où la nécessité d’un programme de réhabilitation de grande envergure. Première mesure, la construction d’une digue, dictée par la proximité d’une rivière et les risques de crues. Suivront la démolition de tous les bâtiments et le traitement des déchets. Les options sont les mêmes qu’à Salsigne, mais la préférence va à un stockage sur place, moins coûteux. Dernière opération programmée, le confinement du site. Les 500 000 tonnes de déchets à ciel ouvert seront recouverts par une structure d’étanchéité et de drainage pour éviter les infiltrations d’eau et un transfert d’arsenic vers la rivière et la nappe phréatique. Un réaménagement paysager est également prévu. Coup d’envoi des travaux : début 2001.

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Philippe Bégassat pour Le Châtelet
Tél. : 02 41 91 40 55
philippe.begassat@ademe.fr

Patrick Jacquemin pour Salsigne
Tél. : 05 62 24 35 36
patrick.jacquemin@ademe.fr
 

 

 
 
Les interventions de l’ADEME
Comme le précise le décret du 12 mai 1996, l’ADEME est « chargée de la préparation des dossiers et de la mise en œuvre technique et financière » des opérations de traitement et de réhabilitation des sites pollués. C’est à ce titre qu’elle est maître d’ouvrage pour la dépollution des sites à responsable défaillant, tels que Salsigne et Le Châtelet. Depuis 1996, l’ADEME est intervenue sur soixante-deux sites et sols pollués.
 


   

   
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