Nord–Pas-de-Calais

L’éolien français vole de ses propres ailes.

 

  Longtemps considérée comme un gadget, l’énergie éolienne française fait aujourd’hui la preuve de sa fiabilité avec la création d’une filière industrielle en Nord-Pas-de-Calais.  
 

"Aujourd’hui, nos efforts sont enfin récompensés : une filière d’éoliennes de conception française existe ! " Jean-François Caron, vice-président du Conseil régional du Nord-Pas-de-Calais, ne cache pas sa satisfaction. À Widehem, une éolienne de 750 kW (kilowatts) développée par Jeumont Industrie vient d’être mise en service. Cinq autres éoliennes la rejoindront pour former la deuxième centrale éolienne de France produisant 12,6 millions de kWh par an, soit les besoins en électricité de 6 500 ménages. Alors que l’Allemagne et le Danemark produisent déjà des aérogénérateurs de plusieurs mégawatts, il n’existait pas de constructeur français d’éoliennes de grande capacité. La France dispose pourtant d’un des plus gros gisements éoliens d’Europe, mais n’a que 20 MW de puissance installée. Une situation paradoxale, car toutes les estimations indiquent qu’en termes de coût global, l’énergie éolienne est rentable quand on prend en compte les coûts évités. Et selon l’association européenne de l’énergie éolienne, elle peut créer 400 000 emplois directs ou indirects d’ici à 2030. Mais pour se développer durablement en France et cesser d’être considérée comme un coûteux gadget, l’industrie éolienne devait s’appuyer sur une technologie performante. C’est aujourd’hui possible grâce aux aérogénérateurs conçus par Jeumont Industrie, filiale de Framatome. Leur concept inédit d’alternateur à aimants permanents permet d’importants gains de place et de maintenance par rapport aux modèles commercialisés dans le monde. De plus, ils s’adaptent en permanence à la vitesse du vent, de façon à fluidifier la production d’énergie. Fort de ces atouts, Jeumont Industrie dévoile ses ambitions à l’export : « D’ici à 2003, nous voulons vendre une cinquantaine d’éoliennes 750 kW, sur un marché mondial estimé pour 1999-2003 à 30 000 éoliennes (1,7 milliard d’euros). De plus, la technologie adoptée à Widehem va nous permettre de passer très vite à des éoliennes multimégawatts qui constitueront à l’avenir le cœur du marché, notamment en off shore », explique Jean-Marc Canini, chef de la division nouveaux marchés.

© L. Perquis/ADEME
 
 
Bientôt une centrale off shore
« Pour arriver à ce résultat, il a fallu seulement 10 ans, et la conjonction de trois atouts, explique Hervé Pignon, Délégué régional de l’ADEME. D’abord, la volonté des différents acteurs régionaux de promouvoir un développement durable, à commencer par le Conseil régional et l’ADEME qui ont soutenu sans relâche la recherche sur les énergies renouvelables. Ensuite, le tissu industriel adapté d’une région en pleine reconversion. Et enfin… le vent ! »

© L. Perquis/ADEME

Les premières opérations ont été lancées en 1990 avec la rédaction d’un atlas du potentiel éolien révélant treize sites terrestres.En 1991, une première grosse éolienne, expérimentée à Malo-les-Bains, a validé la fiabilité technique et économique de la filière. Après un appel d’offres en recherche et développement du conseil régional, épaulé par l’expertise technique de l’ADEME, la première centrale éolienne française a été montée en 1996 à Dunkerque avec neuf éoliennes de 300 kW. Fait unique en France, elle est gérée par une société anonyme d’économie mixte locale (SAEML). Mais le programme ne s'arrête pas là. Après la centrale de Widehem, elle aussi gérée par la SAEML, une autre centrale de quatre éoliennes de 750 kW devrait être implantée au Portel, près de Dunkerque, dans le cadre du programme Éole 2005 lancé par EDF et l’ADEME à la demande du ministère de l’Industrie. L’ADEME et la région viennent enfin de boucler le financement d’une centrale off shore de dix éoliennes de 750 kW qui sera implantée sous trois ans au large de Dunkerque.
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Hervé Pignon
Tél. : 03 27 95 89 79
herve.pignon@ademe.fr
 


   

   
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