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Pourquoi
était-il nécessaire de modifier le système des aides de l'ADEME?
Pierre Radanne :Le
système change parce que l'ADEME évolue, avec de nouvelles ambitions.
En 1999 en particulier, le Gouvernement a décidé d'une relance des
actions de maîtrise de l'énergie, via l'ADEME, en leur consacrant
un budget de 500 millions de francs, cinq fois supérieur au budget
précédent. La stratégie et l'organisation de l'organisme ont été
repensées, pour répondre au souci croissant du public en matière
d'environnement.
Quant à nos partenaires - entreprises et collectivités locales,
leur degré de maturité par rapport à l'environnement n'est plus
du tout le même. La phase de sensibilisation est achevée et on entre
aujourd'hui dans une phase de diffusion plus large des techniques
et des procédés. Ce qui ne veut pas dire que les choses sont plus
simples : les technologies à mettre en œuvre sont complexes, souvent
coûteuses au démarrage, d'une évaluation parfois difficile, et les
acteurs ont besoin d'un accompagnement fort et déterminé de la part
des pouvoirs publics.
François Démarcq : En matière d'environnement, on se trouve
dans un contexte technologique mouvant et une réglementation, elle
aussi, très évolutive. Des questions nouvelles prennent de l'importance
du jour au lendemain : c'est le cas, par exemple, des rejets d'hydrocarbures
et des pollutions oxydantes. En outre, l'environnement est devenu
un avantage concurrentiel pour les entreprises qui savent bien choisir
leur stratégie, en procédant à des analyses préalables rigoureuses.
C'est un des rôles du dispositif d'aides de l'ADEME de les y aider.
Comment résumer ce nouveau dispositif?
Pierre Radanne : Deux points d'entrée
majeurs fondent l'originalité du système. D'une part, il s'agit
d'une relance des aides à la décision. Nous voulons aider tous les
acteurs, dans les entreprises comme dans les collectivités locales,
à avoir une approche graduée des questions, en mettant à leur disposition
le capital d'expertise de nos équipes. Les formules de pré-diagnostic,
les études de faisabilité, répondent à ce souci. D'autre part, nous
voulons renforcer l'articulation entre les politiques de recherche
et la diffusion des procédés sur le marché. C'est le but des aides
accordées aux opérations de démonstration et aux opérations exemplaires.
Quelles nouveautés concernent plus spécialement les collectivités
locales ?
Pierre Radanne : On a beaucoup parlé de la baisse des taux
d'aide de l'ADEME en matière de déchets. Il faut se souvenir que
jusqu'à maintenant, le système d'aide mis en place, tout à fait
exceptionnel, était parmi les plus incitatifs qui soient. Il était
donc logique de revenir à un soutien financier de l'ADEME plus proche
des réalités du marché, tout en ménageant la phase de transition
indispensable.
François Démarcq : Rappelons que la
baisse de la TVA de 20,6 à 5,5 % depuis le 1er janvier 99 permet
aux collectivités qui ont signé des contrats pour le tri sélectif
de leurs déchets, de compenser cette baisse des taux d'aide. Tous
les calculs le démontrent, pour le citoyen, à travers ce mécanisme,
le coût du service public des déchets baisse. Les collectivités
locales, qui ont de grosses responsabilités en matière de protection
de l'environnement, disposent aussi de puissants leviers d'action.
Les choix qu'elles font en matière de politique d'urbanisme, d'implantation
industrielle, de transport, de voirie… ont un impact direct sur
la qualité de l'air, les consommations d'énergie, le bruit. Notre
rôle est de les guider pour actionner les bons leviers, tout en
maîtrisant les coûts.
Comment concevez-vous votre rôle par rapport
à l'ensemble de vos partenaires ?
Pierre Radanne : Pour être crédibles, nous devons respecter
quatre conditions. Il nous faut faire preuve de clarté de parole
et de transparence. Nous devons aider nos partenaires à construire
des stratégies dans la continuité, avec une vision à moyen ou long
terme. Ils demandent à être soutenus dans des étapes décisives de
leur parcours, c'est-à-dire quand il y a risque technique, innovation,
ou encore déficit de savoir-faire. Enfin, nous avons pour mission
de les aider à faire évoluer leur métier, pour répondre aux attentes
de plus en plus fortes de l'opinion publique en matière d'environnement.
François Démarcq : Pour réussir, nous
comptons beaucoup sur l'ensemble des équipes ADEME qui travaillent
sur le terrain, au contact direct de nos partenaires. Sur 100 postes
créés cette année, 70 concernent les délégations régionales. C'est
tout à fait significatif de la qualité de la relation que nous voulons
offrir aux entreprises et aux collectivités locales.
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Une
relance des aides à la décision.
© Bourget:ADEME
Mettre
à disposition le capital d'expertise de nos équipes.
©
Bourget:ADEME
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