En
France, 5 millions de ménages pratiquent le compostage
individuel de leurs déchets verts ou de cuisine.
Ce qui permet de réduire les quantités prises
en charge par les collectivités. La fraction fermentescible
des ordures ménagères collectées
représente en moyenne 100 kg par habitant et par
an, tandis que chaque ménage apporte environ 30
kg de déchets verts par an en déchèterie.
Entre 2000 et 2005, l’ADEME a soutenu 560 opérations
de promotion menées par les collectivités
et près de 500 000 composteurs ont été
distribués aux 14 % de foyers volontaires en moyenne.
Dans certaines collectivités, les quantités
d’ordures ménagères collectées
ont depuis diminué de plus de 15 %.
Le compostage individuel permet aux ménages d’obtenir gratuitement un amendement organique qui contribue, une fois épandu sur le sol, à renforcer le stock d’humus de leur jardin. Ce compost provient de la transformation de déchets organiques par le biais de microorganismes et d’insectes, en présence d’oxygène et d’eau. Trois règles simples doivent être respectées : mélanger différentes catégories de déchets - les carbonés (tailles, feuilles mortes….) avec les azotés (déchets de cuisine…), les grossiers avec les fins, et les humides avec les secs ; aérer les matières en les brassant régulièrement afin que les micro-organismes aient assez d’oxygène ; surveiller l’humidité car le compost doit être humide, pour que les bactéries ne meurent pas, mais sans excès, ce qui empêcherait l’aération.
COMPOSTAGE EN TAS
OU EN BAC ?
Le compostage en tas consiste à regrouper les déchets directement sur le sol ou sur un lit de branchage. Un endroit caché, bien drainé, à mi-ombre et à l’abri du vent sera l’idéal. Le compostage en tas convient à ceux qui disposent de place et n’ont pas beaucoup de temps à y consacrer. Le manque d’arrosage est en effet compensé par les pluies périodiques, l’aération naturelle limite les risques d’asphyxie et l’évaporation peut aider à combattre l’excès d’eau. Mais le tas est à la merci des chiens, rongeurs… et les aléas climatiques peuvent rendre le processus irrégulier. Il faut six mois à un an pour obtenir un compost prêt à l’emploi.
La seconde technique consiste à stocker les déchets dans un bac en bois, en métal ou bien encore en plastique. Le compostage en bac offre l’avantage d’un encombrement réduit et permet d’assurer, en quatre à cinq mois, une décomposition homogène de la masse, à l’abri de la pluie, du vent… et des animaux. Mais il convient uniquement pour les petits volumes. Il faut également le surveiller fréquemment pour éviter la sécheresse, le pourrissement nauséabond… De plus, le brassage est malaisé dans un composteur. L’idéal est donc de disposer d’au moins deux bacs : le premier pour les déchets les plus frais, le dernier pour
la maturation du compost.
Il existe d’autres pratiques que le compostage pour gérer chez soi les déchets organiques. Par exemple, l’alimentation animale ou encore le paillage, qui est une technique de jardinage éprouvée, sont complémentaires du compostage individuel
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© A. Bispo / ADEME |
Un plan pour développer le compostage
L’ADEME va mettre en œuvre le plan national
de soutien au compostage individuel annoncé
par Nelly Olin, la ministre de l’Ecologie et
du Développement Durable, en septembre 2005.
L’objectif est d’amener chaque année
100 000 nouveaux ménages à adopter cette
pratique. ll ne s’agit pas seulement de distribuer
des composteurs, mais également de promouvoir
le compostage en tas, d’identifier et maintenir
les bonnes pratiques de gestion domestique et d’accompagner
activement les ménages impliqués. Le
plan est en lien étroit avec la campagne nationale
« Réduisons vite nos déchets,
ça déborde » (www.reduisonsnosdechets.fr).
La mise en place du plan national de soutien au compostage individuel va s’articuler autour de quatre axes :
- le développement des connaissances sur le sujet, tant du point de vue technique que de la capitalisation des retours d’expérience ;
- l’information et la formation des acteurs,
à savoir le grand public, les collectivités
et les structures relais qui peuvent être amenées
à seconder les collectivités ;
- le conseil et l’expertise, avec la création de différents outils (dont un nouveau guide sur le compostage individuel) et de formations
pour les collectivités ;
- le soutien à la réalisation des opérations
jugées exemplaires ou choisies pour être
pilotes, tout en poursuivant les aides classiques
de l’ADEME.
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