La loi de programme fixant
les orientations de la politique énergétique
impose de réduire de 2 % par an d'ici 2015
l'intensité énergétique finale,
c'est-à-dire le rapport entre la consommation
d'énergie et la croissance économique.
« Le Gouvernement table notamment sur le
dispositif des obligations et des certificats d'économies
d'énergie », précise Carole
Le Gall, Directrice opérationnelle déléguée
Energie, Air et Bruit à l'ADEME.
Une
obligation d’économie pour les vendeurs
d’énergie
L’objectif d’économiser 54 milliards
de kWh du 1er juillet 006 au 30 juin 2009, fixé
par l’Etat, sera réparti entre les différents
vendeurs d'énergie au prorata de leurs ventes.
Ils auront l'obligation de réaliser ou de faire
réaliser par leurs clients des actions, qui
leur permettront d'obtenir des certificats d'économies
d'énergie. Ils pourront également en
acheter auprès des entreprises, des collectivités,
etc. A l'issue de la période, chaque vendeur
devra produire des certificats correspondant à
l'objectif qui lui a été assigné,
sous peine de verser une pénalité de
2 centimes d'euros par kWh non économisé.
Des
certificats pour les vendeurs…
Les vendeurs peuvent amener leurs clients à
réaliser des économies d’énergie
en les incitant, y compris financièrement,
à acheter un équipement performant,
à changer leurs fenêtres, etc. En contrepartie,
ils obtiendront des certificats sur la base de forfaits
en kWh calculés par action (voir encadré).
Tout ce qui permet de réaliser des économies
de manière démontrable peut, a priori,
entrer dans le champ des certificats : éclairage,
chauffage, isolation, remplacement d’énergie
fossile pour le chauffage par des énergies
renouvelables, etc. Les vendeurs ont également
la possibilité de réaliser des actions
dans leurs propres bâtiments et installations.
… et pour les entreprises et les collectivités
Les entreprises, les collectivités publiques et toutes les personnes morales mettant en oeuvre des actions d'économies d'énergie – y compris celles engagées depuis le 1er janvier 2006 – peuvent se faire délivrer des certificats par les DRIRE. Par exemple, une commune qui entreprend des travaux d’isolation dans ses écoles obtiendra les certificats correspondants, qu’elle pourra revendre à son fournisseur d’énergie. Le prix de cession sera déterminé par le marché, en fonction de l'offre et de la demande.
Un dispositif à moindre coût
« Dans le cadre de ce marché, les vendeurs d’énergie peuvent atteindre leurs obligations en ayant toute liberté de choisir les actions qui s’avèrent les moins coûteuses pour eux, tout en étant bénéfiques pour les consommateurs qui réaliseront des économies d’énergie », explique Carole Le Gall. En plus, la valeur tirée des certificats contribuera à financer les investissements. Dans l'hypothèse d'un prix du certificat de 1 centime d'euro par kWh, 180 M€ par an seront ainsi injectés en faveur des économies.