Mensuel à destination des entreprises et des collectivités territoriales

N° 110 / avril - mai 2006 Lettre | Dossier | Newsletter S'abonner | Archives 
Les plastiques biodégradables s'imposent

Même si leur prix reste encore un frein à leur développement, les polymères biodégradables, issus à 85 % de ressources renouvelables, commencent à quitter les niches commerciales pour accéder à des marchés de masse où ils remplacent les plastiques synthétiques.

BIO RESSOURCES

Les matériaux polymères biodégradables combinent les bonnes qualités d'usage des plastiques synthétiques et la capacité à être dégradés par une attaque microbienne. Ils peuvent être issus de la pétrochimie : certains sont obtenus en associant du polyéthylène avec de l'amidon ou de la cellulose ; d'autres, plus récents, les polymères dits oxo-biodégradables ou additivés (un polyéthylène contenant un agent oxydant), ne répondent pas aux normes sur la biodégradabilité contrairement aux polymères biodégradables de synthèse. Une seconde catégorie est issue des ressources renouvelables : les biopolymères synthétisés par les êtres vivants (polysaccharides, protéines de plantes ou d'animaux, etc.) ; les polymères d'origine bactérienne issus de fermentation ; les polymères synthétiques, comme le PLA (Poly Acide Lactique), obtenus après polycondensation (chauffage) de monomères naturels ou identiques aux naturels.

500 000 tonnes par an
La production mondiale des polymères biodégradables, issus à 85 % de ressources renouvelables, s'élève à environ 500 000 tonnes. Elle ne représente que 0,33 % des matières plastiques, mais est en forte augmentation. « Les procédés de transformation de ces nouveaux polymères sont en effet semblables aux procédés traditionnels dans de nombreuses mises en œuvre », précise Hilaire Bewa du département Bio-Ressources à l'ADEME. Si leurs performances restent encore plus limitées, ils répondent déjà à celles attendues dans certains secteurs, notamment pour la production d'objets à usage unique, à courte et moyenne durée de vie. Et certains marchés s'avèrent prometteurs : les sacs de collecte de déchets verts et déchets organiques et les sacs réutilisables ; les emballages industriels ; l'emballage ménager et la restauration ; les films pour paillage agricole et les autres produits pour l'agriculture, l'horticulture et la foresterie ; sans oublier les textiles et les non-tissés depuis l'arrivée du PLA.

Traiter les déchets organiques
« Les spécialistes prévoient une production de près de 5 millions de tonnes par an à l'horizon 2020 », souligne Hilaire Bewa. Cela implique que leur coût, qui reste 2 à 10 fois supérieur à celui des plastiques d'origine pétrochimique, diminue grâce à la mise en œuvre de nouvelles technologies de transformation directe d'une matière végétale (maïs, pulpe de betterave, tourteau de tournesol, gluten de son de blé…) à base de matériau biodégradable. Il est également indispensable d'harmoniser les normes existantes sur la biodégradabilité et la compostabilité, et d'en créer d'autres plus spécifiques, ce qui pourrait favoriser la mise en place d'une législation internationale visant à promouvoir leur utilisation. Enfin, il n'y a aucun intérêt à orienter ces produits en fin de vie vers les filières de décharge, d'incinération et de tri-valorisation, car leur spécificité ne serait pas valorisée. Il faut donc mettre en place une filière dédiée à l'élimination et à la valorisation des déchets organiques et éduquer le consommateur sur la nécessité de les trier.





Normes et marques
La norme NFEN 13 432 porte sur le compostage et le traitement en anaérobiose des emballages et des matériaux d'emballage alors que la NFU 52 001 concerne les matériaux biodégradables pour l'agriculture et l'horticulture. Une nouvelle norme européenne relative à la biodégradabilité des plastiques est en préparation. Par ailleurs, plusieurs organismes privés délivrent des marques de conformité certifiant que les produits sont compostables dans une installation industrielle.

 
 CONTACT 

Hilaire Bewa
Tél. : 02 41 20 43 21
hilaire.bewa@ademe.fr