BIO RESSOURCES
Les matériaux polymères biodégradables combinent les bonnes qualités d'usage des plastiques synthétiques et la capacité à être dégradés par une attaque microbienne. Ils peuvent être issus de la pétrochimie : certains sont obtenus en associant du polyéthylène avec de l'amidon ou de la cellulose ; d'autres, plus récents, les polymères dits oxo-biodégradables ou additivés (un polyéthylène contenant un agent oxydant), ne répondent pas aux normes sur la biodégradabilité contrairement aux polymères biodégradables de synthèse. Une seconde catégorie est issue des ressources renouvelables : les biopolymères synthétisés par les êtres vivants (polysaccharides, protéines de plantes ou d'animaux, etc.) ; les polymères d'origine bactérienne issus de fermentation ; les polymères synthétiques, comme le PLA (Poly Acide Lactique), obtenus après polycondensation (chauffage) de monomères naturels ou identiques aux naturels.
500 000 tonnes par an
La production mondiale des polymères biodégradables, issus à 85 % de ressources renouvelables, s'élève à environ 500 000 tonnes. Elle ne représente que 0,33 % des matières plastiques, mais est en forte augmentation.
« Les procédés de transformation de ces nouveaux polymères sont en effet semblables aux procédés traditionnels dans de nombreuses mises en œuvre », précise Hilaire Bewa du département Bio-Ressources à l'ADEME. Si leurs performances restent encore plus limitées, ils répondent déjà à celles attendues dans certains secteurs, notamment pour la production d'objets à usage unique, à courte et moyenne durée de vie. Et certains marchés s'avèrent prometteurs : les sacs de collecte de déchets verts et déchets organiques et les sacs réutilisables ; les emballages industriels ; l'emballage ménager et la restauration ; les films pour paillage agricole et les autres produits pour l'agriculture, l'horticulture et la foresterie ; sans oublier les textiles et les non-tissés depuis l'arrivée du PLA.
Traiter les déchets organiques
« Les spécialistes prévoient une production de près de 5 millions de tonnes par an à l'horizon 2020 », souligne Hilaire Bewa. Cela implique que leur coût, qui reste 2 à 10 fois supérieur à celui des plastiques d'origine pétrochimique, diminue grâce à la mise en œuvre
de nouvelles technologies de transformation directe d'une matière végétale (maïs, pulpe de betterave, tourteau de tournesol, gluten de son de blé…) à base de matériau biodégradable. Il est également indispensable d'harmoniser les normes existantes sur la biodégradabilité et la compostabilité, et d'en créer d'autres plus spécifiques, ce qui pourrait favoriser la mise en place d'une législation internationale visant à promouvoir leur utilisation. Enfin, il n'y a aucun intérêt à orienter ces produits en fin de vie vers les filières de décharge, d'incinération
et de tri-valorisation, car leur spécificité ne serait pas valorisée. Il faut donc mettre en place une filière dédiée à l'élimination et à la valorisation des déchets organiques et éduquer le consommateur sur la nécessité de les trier.
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