Le Sommet mondial
sur le développement durable, qui s'est tenu à Johannesburg en 2002, a montré l'importance des stratégies régionales pour le développement durable, car les solutions sont à adapter en fonction du contexte économique, social
et environnemental de chaque région du monde. C'est sur cette idée que les 21 États méditerranéens signataires
de la Convention de Barcelone, dont la France, ont approuvé en novembre 2005 la Stratégie méditerranéenne pour le développement durable (SMDD). Cette stratégie, la première réalisée à un niveau régional,
a été rédigée à la demande de ces États réunis au sein de la Commission méditerranéenne du développement durable (CMDD) du Plan d'Action pour la Méditerranée (PAM). « Nous lui avons apporté notre expertise pour l'élaboration du volet énergie », précise Nicolas Dyèvre, responsable du Maghreb et du Moyen-Orient
à la Direction de l'Action Internationale de l'ADEME.
Une stratégie adaptée aux spécificités régionales
Il s'agit d'une stratégie cadre qui se propose d'adapter les engagements internationaux aux conditions régionales, de guider les stratégies nationales de développement durable et d'initier un partenariat dynamique entre des pays de niveaux de développement très différents. Elle met notamment l'accent sur la nécessité d'accompagner les transitions des États du Sud et de l'Est de la Méditerranée. L'enjeu pour l'ensemble des pays riverains est d'en tirer collectivement bénéfice, sur les plans sociaux, économiques et environnementaux.
Des actions prioritaires
La SMDD s'articule autour de quatre objectifs : contribuer à promouvoir le développement économique ; réduire les disparités sociales et renforcer les identités culturelles ; changer les modes de production et de consommation non durables et assurer une gestion durable des ressources naturelles ; et enfin, améliorer la gouvernance. Elle définit également sept domaines d'action prioritaires parmi lesquels la gestion plus rationnelle de l'énergie, l'utilisation accrue des énergies renouvelables et l'atténuation des effets du changement climatique. Pour chacun d'entre eux, la SMDD a fixé des objectifs : pour les énergies renouvelables, par exemple, atteindre 7 % (hors biomasse) de la demande totale d'ici 2015 contre 4 % aujourd'hui et pour l'utilisation rationnelle de l'énergie, accroître de 1 à 2 % par an
l'efficacité énergétique des pays de la région. De même,
la SMDD vise à permettre à la moitié des populations n'ayant pas d'électricité d'y accéder dans les 10 ans à venir. Trente-quatre indicateurs ont été définis afin d'assurer le suivi des objectifs. La SMDD fera également l'objet, tous les deux ans, d'un bilan régional d'avancement et, tous les cinq ans, d'un bilan approfondi. « L'ADEME aide financièrement et techniquement le PAM à effectuer le suivi du volet énergie et changement climatique », souligne Nicolas Dyèvre. Dans ce cadre, plusieurs études seront menées et des ateliers régionaux permettront aux différents pays d'échanger sur leurs pratiques.
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