DÉCHETS
Utiliser des déchets ou des sous-produits comme matériaux de travaux publics ? Le procédé n’est pas nouveau : il a cours depuis le début du XXe siècle et s’est généralisé avec l’essor du réseau routier durant les trente glorieuses. Aujourd’hui, la volonté des pouvoirs publics d’encourager le recyclage et la valorisation afin de limiter la mise en décharge favorise leur utilisation, d’autant plus qu’il est devenu difficile d’ouvrir de nouvelles carrières, gravières et sablières. « Mais, seuls les déchets qui font la preuve d’émissions compatibles avec l’environnement, qui ont un impact inférieur ou équivalent à celui des matériaux naturels, qui répondent aux exigences des référentiels techniques existants pour les aspects mécaniques et géotechniques, peuvent prétendre à une telle valorisation », insiste Laurent Chateau, du département Gestion optimisée des déchets de l’ADEME.
Un observatoire du recyclage
Pourtant, aujourd’hui encore, l’arrêté du 16/07/1991 relatif aux sables de fonderie et la circulaire du 09/05/1994 sur les mâchefers d’incinération d’ordures ménagères sont les seuls textes à prescrire des recommandations environnementales. Les circulaires du 15 février 2000 concernant l'élaboration des plans de gestion des déchets de chantiers du BTP et du 18 juin 2001 sur la gestion des déchets du réseau routier national ont cependant amené les maîtres d’ouvrage et les maîtres d’œuvre à se saisir de la question. Un Observatoire Français du Recyclage dans les Infrastructures Routières (OFRIR) met désormais à la disposition des acteurs de la route une information la plus exhaustive possible. L’ADEME, qui a co-financé cet observatoire et de nombreuses études menées ces dernières années, poursuit un important travail de synthèse des résultats obtenus. L’un des projets appelé BILENV a ainsi permis d’évaluer les pratiques des utilisateurs de la norme ENV12920, en vue de leur apporter un soutien dans la mise en œuvre de la méthodologie de détermination du comportement à la lixiviation de déchets.
Évaluation en laboratoire et sur le terrain
L’ADEME participe aussi, dans le cadre d’un groupe de travail conduit par le ministère de l’Équipement, à l’élaboration d’un cahier des charges que les maîtres d’ouvrages publics pourront utiliser pour la rédaction des appels d’offres afin
de promouvoir l’utilisation de déchets comme matériau en techniques routières.
Il comprendra une partie précisant aux soumissionnaires la démarche d’évaluation menée en laboratoire et, sur le terrain, leur permettra de répondre.
« Ce cahier des charges est un outil essentiel au moment où le code des marchés publics s’ouvre à une prise en compte de l’environnement dans les critères de choix, précise Laurent Chateau. À terme, il pourra devenir une pièce importante des cahiers
des clauses techniques particulières. »
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