Mensuel à destination des entreprises et des collectivités territoriales

N° 108 / janvier 2006 Lettre | Dossier | Newsletter S'abonner | Archives 
Les atouts de l'éolien offshore

Alors que la filière éolienne commence à décoller en France, l'offshore ouvre de nouvelles perspectives. Courant 2004, un appel à projets a été lancé pour une puissance de 500 Mégawatts. Un parc d'une centaine de MW a été sélectionné et verra le jour d'ici 2007.

ÉNERGIES RENOUVELABLES

Pour diversifier ses sources d'énergie et renforcer la lutte contre l'effet de serre, la France s'est engagée à passer, d'ici 2010, de 15 à 21 % d'électricité produite à partir d'énergies renouvelables.
Les objectifs nationaux sont traduits par la programmation pluriannuelle des investissements qui fixe les objectifs pour 2007.
La puissance éolienne installée à cet horizon devrait être de 2 000 à 6 000 MW.

UN POTENTIEL ÉLEVÉ
Le premier parc éolien offshore français, porté par la société ENERTRAG, devrait commencer à produire en 2007. Situé à 7 km au large de la Seine-Maritime, ses 21 éoliennes ancrées à 23 mètres auront une capacité totale de 105 MW.
« L'éolien offshore offre de nombreux atouts », déclare Nicolas Fichaux, du département des énergies renouvelables de l'ADEME. Le potentiel offshore de la France est estimé à 90 TWh par an (contre 60 TWh par an sur terre). La maturité de la technologie permet, moyennant des conditions favorables (vent fort et régulier, faible profondeur…), d'installer un grand nombre de machines ayant une forte puissance unitaire (jusqu'à 5 MW).

DES FREINS À LEVER
Seule une petite proportion du domaine maritime français offrant une faible profondeur est potentiellement utilisable, en l'état actuel des technologies. De plus, les surfaces concernées se situent à l'intérieur de la bande littorale, étroite et déjà occupée par de nombreuses activités. Des contraintes économiques subsistent également : l'investissement (de 1 650 à 2 200 €/kW sur les parcs danois) est largement supérieur à celui nécessaire sur terre (700 à 1 000 €/kW) et le surcoût du kWh éolien offshore atteint 30 à 50 %. Pour réduire ces coûts, les professionnels tablent sur une augmentation de la puissance unitaire (jusqu'à 10 MW) et sur la mise au point de plates-formes semi-flottantes qui permettraient à long terme de réduire les coûts de fondation. Le développement de l'éolien offshore passe également par le renforcement des réseaux électriques nationaux et leur interconnexion de manière à pouvoir mieux absorber cette production intermittente. « Afin de faciliter les échanges, il faut être en mesure de prédire avec quelques heures d'avance la production du parc, explique Nicolas Fichaux. Un projet européen, co-financé par l'ADEME, travaille à l'élaboration de tels outils. » L'ADEME subventionne également d'autres projets de R&D visant à mieux déterminer le potentiel des sites et à optimiser l'aérodynamique des machines.





Identifier les zones favorables

L'ADEME pilote, en liaison avec l'IFREMER (Institut Français de Recherche pour l'Exploitation de la Mer), une étude visant à développer un outil d'analyse stratégique pour déterminer les zones favorables à l'implantation de parcs de production électrique en mer, à partir de l'énergie du vent, mais aussi des vagues et des courants. Cet outil, finalisé d'ici fin 2006, prendra en compte les données du milieu (géologie, morphologie, environnement…), les servitudes, les contraintes de la connexion au réseau et les usages.
www.ifremer.fr


 CONTACT 

Nicolas Fichaux
Tél. : 04 93 95 79 66
nicolas.fichaux@ademe.fr