Préoccupation majeure de nos concitoyens,
la qualité de l'air était encore récemment focalisée sur l'air extérieur et ses effets sur la santé. Pourtant, les citadins passent
plus de 80 % de leur temps à l'intérieur d'espaces clos : logement, lieu de travail, transports, loisirs, école, etc. Paradoxalement,
si la qualité de l'air extérieur devient bien renseignée et surveillée, les expositions de la population à la pollution intérieure des
bâtiments et les facteurs de risques associés sont plutôt mal connus.
C'est pourquoi l'Observatoire de la Qualité de l'Air Intérieur a été créé en 2001 par les pouvoirs publics, l'ADEME et le CSTB afin
de mettre au point des outils d'aide à la gestion du risque sanitaire lié à la qualité de l'air intérieur. Le Plan national Santé-environnement
a confirmé tout l'intérêt des études et des recherches menées dans ce domaine et a fixé comme objectif le renforcement et l'extension
des activités menées par l'Observatoire.
La tâche est immense : les situations sont très différentes (habitat individuel ou collectif, lieux publics, écoles, bureaux, transports) et
les pollutions très complexes (humidité, acariens, composés chimiques divers issus des matériaux ou des produits d'entretien, tabagisme,
produits de combustion, notamment le monoxyde de carbone, etc.), toutes ces sources pouvant déboucher sur des concentrations importantes
si le renouvellement de l'air est insuffisant ou de mauvaise qualité.
De par ses missions, l'ADEME joue un rôle important au sein de l'Observatoire : comment concilier une bonne isolation avec un renouvellement
de l'air suffisant ? Quels équipements de chauffage et d'eau chaude sanitaire et quels matériaux, notamment composites, préconiser ?
Quels comportements recommander ?
Autant de questions auxquelles les résultats des travaux en cours - en particulier une vaste étude sur 700 logements - devraient apporter
des réponses, aux professionnels comme aux particuliers
Alain Morcheoine
directeur de l'Air, du Bruit et de l'efficacité énergétique