BÂTIMENT
«Il est temps de passer de la démolition à la déconstruction » insiste éric Darlot, de l'ADEME. Aujourd'hui encore sur de nombreux chantiers de démolition, les déchets ne font l'objet d'aucun tri, ni d'aucune valorisation. à l'inverse, une opération de déconstruction consiste à assurer la dépose sélective de tous les matériaux, produits et équipements du second œuvre avant abattage de la structure et le tri au sol, pour certains, puis à rechercher la valorisation maximum des déchets.
Le lancement du programme de rénovation urbaine, qui prévoit la démolition
de 200 000 logements sociaux, rend encore plus urgente cette évolution.
Trois phases essentielles
Toute opération de déconstruction démarre par l'analyse préalable du site, puis par l'audit des bâtiments en vue de quantifier les matériaux catégorie par catégorie. Il est également indispensable d'estimer le coût des travaux sur la base d'un inventaire des filières locales d'élimination, puis en fonction des options possibles, d'analyser les offres grâce à la grille de décomposition des coûts, présentée dans le guide sur la déconstruction publié par l'ADEME (1).
La déconstruction proprement dite s'articule, ensuite, autour de trois phases essentielles :
la décontamination avec la dépose des déchets soit dangereux tel l'amiante, soit nécessitant des précautions particulières comme les déchets de plâtre (5 % de l'ensemble des déchets en moyenne) ; la dépose des matériaux et éléments du second œuvre, des déchets non dangereux et non inertes pour l'essentiel (25 %) ; l'abattage de la structure composée majoritairement de déchets minéraux inertes (70 %) avant la remise en état du site.
Les déchets en mélange sont transportés vers des plates-formes de tri ; ceux déjà triés vers les déchèteries qui acceptent les déchets professionnels ou des installations de recyclage (production de granulats à partir de déchets inertes et refonte de métaux essentiellement). Quant aux déchets dangereux, ils font l'objet d'un traitement spécifique. Enfin, les déchets ultimes terminent leur vie en décharge.
Responsabilité des maîtres d'ouvrage
Il y a peu encore, la prise en charge technique et économique de l'élimination des déchets revenait systématiquement aux entreprises. Mais la recommandation T2-2000 de la Commission centrale des marchés aux maîtres d'ouvrage publics et la norme NFP 03-001 relative aux marchés privés de travaux préconisent que les maîtres d'ouvrage identifient la nature et les quantités de déchets et que ce poste apparaisse de manière séparée dans le coût global des travaux. Leur responsabilité peut donc désormais être plus facilement recherchée s'ils n'ont pas fourni aux entreprises les informations nécessaires.
Les maîtres d'ouvrage publics, en particulier, doivent être sensibilisés à cette possibilité ouverte dans les marchés publics et à leur responsabilité.
(1) Déconstruire les bâtiments - ADEME
éditions - mars 2003 - Réf. 4141 - 55 € :
un guide complet accompagné des fiches
de dix opérations détaillées.
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