La notion de toxicité est très souvent associée aux pollutions olfactives. Cette association est la plupart du temps sans fondement, les composés odorants pouvant être perçus à des niveaux de concentration très faibles, par exemple 0,02 mg/m3 pour H2S (sulfure d’hydrogène). Ces composés sont essentiellement des COV (Composés Organiques Volatils). Cependant, les pollutions olfactives font l’objet d’une réglementation particulière. Celle-ci s’exprime notamment en concentration d’odeur qui représente le facteur de dilution à appliquer à un effluent pour qu’il ne soit plus ressenti comme odorant par 50 % des personnes constituant un échantillon de population.
DES OBLIGATIONS VARIABLES
Le problème est de plus en plus mal vécu par la population. En effet, la pollution olfactive constitue le deuxième motif de plaintes après le bruit. Celles-ci concernent principalement les usines d’équarrissage, les stations d’épuration, les sites de traitement des déchets, les élevages, les usines chimiques…, secteurs auxquels s’appliquent des obligations variables. Parfois, l’arrêté national ne fixe pas de valeur limite, mais l'arrêté préfectoral peut comporter un objectif en débit d'odeur (produit de la concentration d’odeur par le débit de l’effluent) et/ou en concentration de produits odorants. Dans tous les cas, différentes méthodes de mesure peuvent être utilisées : l’évaluation de la gêne pour connaître la perception par la population, les méthodes d’analyse sensorielle réalisées par un jury de nez, les analyses physico-chimiques pour déterminer les concentrations en molécules odorantes et la nature de ces molécules, et les nez
électroniques encore en développement.
DES PROGRÈS PROMETTEURS
Pour limiter ces pollutions, il est recommandé d’intervenir à la source en révisant le process, par exemple, en sélectionnant d’autres matières premières ou encore en utilisant des produits bloquant la production de composés malodorants. Ces actions visant à prévenir les émissions doivent généralement être complétées par le traitement des effluents. Incinération thermique, absorption, adsorption, procédés biologiques, etc. : les procédés sont de plus en plus performants. « D’autres, prometteurs, sont en développement, notamment la photocatalyse et le traitement par plasma associé à la catalyse ou à la photocatalyse, qui pourraient être utilisés dans des secteurs où il n’existe pas de solutions réellement satisfaisantes comme l’équarrissage ou l’élevage »
, précise
Anne Paillier du département Air, bruit et efficacité énergétique de l’ADEME.
Ces progrès sont rendus possibles grâce à l’engagement de l’ADEME qui soutient les tests d’un pilote de traitement par photocatalyse, mais aussi de nombreux autres programmes de recherche,
y compris dans la mesure d’odeurs. L’ADEME accompagne également les industriels dans le choix et la mise en œuvre de technologies adaptées à la réduction de leurs pollutions odorantes. Cette question est aujourd’hui de mieux en mieux prise en compte : les émissions de composés organiques volatils, auxquels sont liées les nuisances olfactives, ont chuté de 38 % de 1988 à 2001. « Mais les efforts doivent être poursuivis tant au plan de la recherche qu’au plan réglementaire. En effet, très peu de secteurs ont des obligations précises sur ce problème et
le MEDD* envisage de mener une réflexion sur l’évolution de la réglementation à laquelle l’ADEME s’associera »
, conclut Anne Paillier.
* Ministère de l’Écologie
et du Développement Durable.