Mensuel à destination des entreprises et des collectivités territoriales

 N° 104 / juillet - août 2005 Lettre | Dossier | Newsletter S'abonner | Archives 
Les nouveaux deux-roues
moins polluants
Le durcissement des normes d’émissions engagé en 2000 et le développement des systèmes de post-traitement catalytiques ont permis de rendre les deux-roues moins polluants, comme le montre la récente campagne d’essais réalisée par l’ADEME.

TRANSPORT

En France, les 2,4 millions de deux-roues motorisés représentent 10 % des émissions de monoxyde de carbone (CO) et 13 % de celles d’hydrocarbures imbrûlés (HC) alors qu’ils ne comptent que pour 1 % de la consommation d’énergie des transports individuels. Ce décalage est dû au retard pris dans l’établissement de normes devenues aujourd’hui plus sévères. Par rapport à la norme européenne Euro 1 (2000), Euro 2 (applicable aux modèles neufs depuis 2004), divise par six les seuils de rejets de CO et par trois ceux de HC pour les cyclomoteurs. Ceux de motos ont elles aussi été soumises à des restrictions drastiques, qui vont encore s’amplifier avec Euro 3, à partir de 2007 : jusqu’à – 60 % supplémentaires pour le CO et les HC.

Pour faire suite à sa première étude de 2000, l’ADEME a donc mené en 2003 et 2004 une campagne d’essais, avec l’UTAC, sur des deux-roues testés dans différentes conditions. Les tests confirment l’apport des systèmes de post-traitement catalytique avec une réduction, pour les moteurs 2 temps, de 80 % de CO et de 60 à 85 % de HC. « Même si la comparaison est délicate, les ordres de grandeur des émissions des motorisations dépolluées sont semblables, voire meilleurs, à ceux des automobiles testées dans une récente étude européenne, précise Stéphane Barbusse, de l’ADEME. A condition qu’ils ne soient pas débridés par leurs utilisateurs : cette pratique illégale limite en effet ces bons résultats et augmente les nuisances sonores. » Pour des motocycles récents dépollués de forte cylindrée, les progrès sont également sensibles par rapport aux modèles non catalysés : – 96 % de CO et – 77 % d’HC. Les tests ont aussi permis de mesurer les émissions de CO2 en usage urbain : 50 à 80 g/km éq.CO2 pour les cyclomoteurs récents et 84 g/km pour les 125 cm3. Ces chiffres sont à comparer aux 103 à 155 g/km pour les 10 meilleurs véhicules dies el et essence, mis en vente en 2004. Les résultats sont cependant beaucoup moins satisfaisants (222 g/km) pour les motocycles de plus de 400 cm3. « Au vu des performances des nouveaux modèles, il semble important d'accélérer le renouvellement du parc de deux-roues, dont l’âge moyen est actuellement de sept ans, pour le rendre moins polluant », conclut Stéphane Barbusse.


 
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 CONTACT  Stéphane Barbusse
Tél.: 04 93 95 79 74
stephane.barbusse@ademe.fr