TRANSPORT
En France, les 2,4 millions de deux-roues motorisés
représentent 10 % des émissions de monoxyde
de carbone (CO) et 13 % de celles d’hydrocarbures
imbrûlés (HC) alors qu’ils ne comptent
que pour 1 % de la consommation d’énergie
des transports individuels. Ce décalage est dû
au retard pris dans l’établissement de
normes devenues aujourd’hui plus sévères.
Par rapport à la norme européenne Euro
1 (2000), Euro 2 (applicable aux modèles neufs
depuis 2004), divise par six les seuils de rejets de
CO et par trois ceux de HC pour les cyclomoteurs. Ceux
de motos ont elles aussi été soumises
à des restrictions drastiques, qui vont encore
s’amplifier avec Euro 3, à partir de 2007
: jusqu’à – 60 % supplémentaires
pour le CO et les HC.
Pour faire suite à sa première étude
de 2000, l’ADEME a donc mené en 2003
et 2004 une campagne d’essais, avec l’UTAC,
sur des deux-roues testés dans différentes
conditions. Les tests confirment l’apport des
systèmes de post-traitement catalytique avec
une réduction, pour les moteurs 2 temps, de
80 % de CO et de 60 à 85 % de HC. «
Même si la comparaison est délicate,
les ordres de grandeur des émissions des motorisations
dépolluées sont semblables, voire meilleurs,
à ceux des automobiles testées dans
une récente étude européenne,
précise Stéphane Barbusse, de l’ADEME.
A condition qu’ils ne soient pas débridés
par leurs utilisateurs : cette pratique illégale
limite en effet ces bons résultats et augmente
les nuisances sonores. » Pour des motocycles
récents dépollués de forte cylindrée,
les progrès sont également sensibles
par rapport aux modèles non catalysés
: – 96 % de CO et – 77 % d’HC. Les
tests ont aussi permis de mesurer les émissions
de CO2 en usage urbain : 50 à 80 g/km
éq.CO2 pour les cyclomoteurs récents
et 84 g/km pour les 125 cm3. Ces chiffres sont à
comparer aux 103 à 155 g/km pour les 10 meilleurs
véhicules dies el et essence, mis en vente
en 2004. Les résultats sont cependant beaucoup
moins satisfaisants (222 g/km) pour les motocycles
de plus de 400 cm3. « Au vu des performances
des nouveaux modèles, il semble important d'accélérer
le renouvellement du parc de deux-roues, dont l’âge
moyen est actuellement de sept ans, pour le rendre
moins polluant », conclut Stéphane
Barbusse.
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