Apparus dans les années
50, les panneaux isolants se sont véritablement
développés après le choc pétrolier
de 1974. Ceux-ci, en général épais,
devraient être détrônés
par une nouvelle génération de matériau,
les panneaux isolants sous vide (PIV). Leur conception
est très proche de celle du paquet de café
sous vide, le café étant remplacé
par un composite majoritairement à base de
silice nanostructurée. « Ces produits
présentent un formidable potentiel »
, assure Samira Kherrouf du département Bâtiment
et Urbanisme de l’ADEME, qui anime un groupe
de professionnels travaillant sur le sujet (voir encadré).
A pouvoir d’isolation équivalent, il
faut, par exemple, 1 cm de PIV contre 6 cm de polystyrènes
expansés ou 9 cm de laines minérales.
Autre atout : leur masse volumique d’environ
180 kg/m3 conduit, selon l’épaisseur
(de 15 et 30 mm), à des masses surfaciques
de 2,7 à 5,4 kg/m2. Un inconvénient
cependant : « Ces panneaux sont fragiles,
prévient Samira Kherrouf. Au moindre
trou dans l’enveloppe, le vide est instantanément
perdu. Ils doivent être protégés
par des parements et sont donc rarement mis en œuvre
directement sur le chantier. »
UN ISOLANT ULTRA-MINCE
Outre son intérêt pour les réfrigérateurs,
congélateurs, chauffe-eau et capteurs solaires
thermiques, le PIV peut être utilisé
dans le bâtiment, et plus précisément
pour les portes, les coffres de volets roulants et
surtout les planchers de rénovation : avec
cet isolant, 30 mm suffisent (chape et revêtement
de sol inclus), contre 10 cm habituellement.
« C’est un progrès important
compte tenu du nombre de logements qui devront être
rénovés dans les 30 ans qui viennent.
» Le PIV est également recommandé
dans les composants de façades et les doublages
isolants pour équiper les hôpitaux, hôtels,
écoles…, « c’est-à-dire
dans des bâtiments où leur maintenance
est bien assurée et prévient donc du
risque de percement » , poursuit Samira
Kherrouf.
DES PRIX À LA BAISSE
Seuls deux fabricants de PIV existent aujourd’hui en Europe. Hormis des opérations démonstratives menées en Allemagne, très peu de réalisations effectives ont vu le jour. Ces blocages sont notamment dus au constat, lors des premières utilisations, de moindres performances et d’une durée de vie insuffisante. Leur manque d’attractivité s’explique aussi par l’absence de valeur ajoutée réelle au niveau de l’épaisseur des isolants traditionnels jusqu’à maintenant supportable. D’un point de vue technique, le PIV arrive maintenant à maturité : EDF et le CSTB (Centre Scientifique et Technique du Bâtiment) ont mené des travaux de caractérisation et de modélisation qui permettent, entre autres, de montrer qu’une durée de vie allant jusqu’à 50 ans est envisageable. Cet isolant devrait rencontrer un intérêt grandissant : « Il existe aujourd’hui une double pression : celle de la réglementation imposant des épaisseurs toujours croissantes et celle du prix du mètre carré habitable qui a quasiment doublé en huit ans. »
Or, les PIV permettent de gagner 5 à 10 % de surface sur une maison type.
Selon Samira Kherrouf, « nous avons de sérieuses raisons de croire que les prix des matériaux constituant le PIV (de 40 à 60 euros le m2 aujourd’hui) vont baisser sensiblement dans les 5 à 6 ans qui viennent, ce qui ne manquera pas de dynamiser le marché ».