Mensuel à destination des entreprises et des collectivités territoriales

 N° 103 / juin 2005 Lettre | Dossier | Newsletter S'abonner | Archives 
Les panneaux isolants sous vide :
un produit performant à fort potentiel

Peu utilisés aujourd’hui, les panneaux isolants sous vide (PIV) devraient rapidement rencontrer un intérêt grandissant auprès des professionnels et du grand public. Leurs atouts sont multiples.

BÂTIMENT

Apparus dans les années 50, les panneaux isolants se sont véritablement développés après le choc pétrolier de 1974. Ceux-ci, en général épais, devraient être détrônés par une nouvelle génération de matériau, les panneaux isolants sous vide (PIV). Leur conception est très proche de celle du paquet de café sous vide, le café étant remplacé par un composite majoritairement à base de silice nanostructurée. « Ces produits présentent un formidable potentiel » , assure Samira Kherrouf du département Bâtiment et Urbanisme de l’ADEME, qui anime un groupe de professionnels travaillant sur le sujet (voir encadré). A pouvoir d’isolation équivalent, il faut, par exemple, 1 cm de PIV contre 6 cm de polystyrènes expansés ou 9 cm de laines minérales. Autre atout : leur masse volumique d’environ 180 kg/m3 conduit, selon l’épaisseur (de 15 et 30 mm), à des masses surfaciques de 2,7 à 5,4 kg/m2. Un inconvénient cependant : « Ces panneaux sont fragiles, prévient Samira Kherrouf. Au moindre trou dans l’enveloppe, le vide est instantanément perdu. Ils doivent être protégés par des parements et sont donc rarement mis en œuvre directement sur le chantier. »

UN ISOLANT ULTRA-MINCE
Outre son intérêt pour les réfrigérateurs, congélateurs, chauffe-eau et capteurs solaires thermiques, le PIV peut être utilisé dans le bâtiment, et plus précisément pour les portes, les coffres de volets roulants et surtout les planchers de rénovation : avec cet isolant, 30 mm suffisent (chape et revêtement de sol inclus), contre 10 cm habituellement. « C’est un progrès important compte tenu du nombre de logements qui devront être rénovés dans les 30 ans qui viennent. » Le PIV est également recommandé dans les composants de façades et les doublages isolants pour équiper les hôpitaux, hôtels, écoles…, « c’est-à-dire dans des bâtiments où leur maintenance est bien assurée et prévient donc du risque de percement » , poursuit Samira Kherrouf.

DES PRIX À LA BAISSE
Seuls deux fabricants de PIV existent aujourd’hui en Europe. Hormis des opérations démonstratives menées en Allemagne, très peu de réalisations effectives ont vu le jour. Ces blocages sont notamment dus au constat, lors des premières utilisations, de moindres performances et d’une durée de vie insuffisante. Leur manque d’attractivité s’explique aussi par l’absence de valeur ajoutée réelle au niveau de l’épaisseur des isolants traditionnels jusqu’à maintenant supportable. D’un point de vue technique, le PIV arrive maintenant à maturité : EDF et le CSTB (Centre Scientifique et Technique du Bâtiment) ont mené des travaux de caractérisation et de modélisation qui permettent, entre autres, de montrer qu’une durée de vie allant jusqu’à 50 ans est envisageable. Cet isolant devrait rencontrer un intérêt grandissant : « Il existe aujourd’hui une double pression : celle de la réglementation imposant des épaisseurs toujours croissantes et celle du prix du mètre carré habitable qui a quasiment doublé en huit ans. » Or, les PIV permettent de gagner 5 à 10 % de surface sur une maison type.

Selon Samira Kherrouf, « nous avons de sérieuses raisons de croire que les prix des matériaux constituant le PIV (de 40 à 60 euros le m2 aujourd’hui) vont baisser sensiblement dans les 5 à 6 ans qui viennent, ce qui ne manquera pas de dynamiser le marché ».







Des compétences au service de cette technologie
Un groupe de professionnels, aux compétences très variées (ingénieurs, industriels, chercheurs...), a été constitué pour favoriser le développement des super isolants thermiques en France. Ce Groupe d’échanges sur la Super Isolation (GEsSI) cherche à analyser les performances de ces produits afin de les optimiser tant en termes de qualité que de coût. Animé par l’ADEME, il a également un rôle d’information pour favoriser leur diffusion.

 CONTACT   
Samira Kherrouf
Tél. : 04 93 95 79 06
samira.kherrouf@ademe.fr