Mensuel à destination des entreprises et des collectivités territoriales

 N° 102 / mai 2005 Lettre | Dossier | Newsletter S'abonner | Archives 

Les communautés locales se réapproprient leur patrimoine

Au Sénégal, deux Aires du patrimoine ont été créées. Leur objectif : faire de la préservation du patrimoine naturel et culturel un vecteur de développement économique.


SÉNÉGAL

C’est à l’initiative de la Fondation Nicolas Hulot (FNH) qu’ont vu le jour les Aires du patrimoine : des zones rurales au sein desquelles les populations œuvrent pour le respect de la nature, la valorisation du patrimoine culturel tout en favorisant le développement économique. En 1996, le Sénégal a décidé de s’engager dans cette démarche. L’Aire du patrimoine communautaire de Dindefelo a ainsi été créée. Dans ce “village peul” situé aux frontières du Mali et de la Guinée, les habitants aidés des techniciens de l’Agence régionale de développement ont créé un pôle touristique autour d’une des plus grandes cascades du pays. Ils ont construit un campement constitué de cases éclairées grâce à l’énergie solaire et pouvant accueillir une trentaine de touristes. Des panneaux photovoltaïques alimentent également le centre de santé de Dindefelo pour l’éclairage et la réfrigération des vaccins. Ces exemples illustrent le partenariat FNH – ADEME – EDF/ACCESS qui vise à renforcer l’accès à l’énergie et aux biens essentiels tout en garantissant la protection de l’environnement. Un conseil communautaire, élu par les habitants, assure la gestion de ce campement devenu une source importante de revenus. Ainsi, la maintenance des équipements est prise en charge, ce qui garantit la pérennité des installations. Une deuxième Aire du patrimoine existe au Sénégal, celle des collines du Bandé. Il s’agit d’une aire régionale regroupant vingt communautés villageoises, réparties sur 400 km2. Là aussi, un campement à vocation touristique, alimenté en photovoltaïque, a été bâti. Dans cette zone, l’ADEME et EDF/ACCESS vont également financer un nouveau moulin à céréales fonctionnant à l’énergie solaire. Dans un contexte différent d’un point de vue ethnique et environnemental, une autre expérience est en cours de montage sur l’Aire du patrimoine dite “des Trois Marigots” dans la région de Saint-Louis. « L’objectif à long terme est aussi d’inciter les communautés locales frontalières du Mali et de la Guinée à fonder leur développement sur des approches similaires en s’appuyant sur les énergies renouvelables disponibles localement », affirme Michel Courillon de la direction de l’Action internationale de l’ADEME.

© J. Larivière / Fondation Nicolas Hulot.











 CONTACT  Michel Courillon
Tél.: 01 47 65 20 17
michel.courillon@ademe.fr



Le programme d’efficacité énergétique en marche

Co-financé par la Commission européenne et piloté par l’ADEME, le projet SMILES (Strengthening Maldivian Initiatives for a Long-term Energy Strategy) commence à déboucher sur des réalisations concrètes, jetant les bases d’une politique énergétique durable aux Maldives, dans l’Océan Indien.


MALDIVES

Lancé en février 2004, le projet SMILES vise à aider le gouvernement maldivien à maîtriser la demande d’énergies fossiles dont le pays est aujourd’hui totalement tributaire (doublement de la consommation tous les sept ans), tout en assurant l’accès à l’énergie pour les îles isolées les plus défavorisées économiquement. à terme, une agence pour l’efficacité énergétique pourrait voir le jour à l’issue de ces actions. L’ADEME coordonne ce projet financé par le programme européen Asia Pro Eco, dans lequel sont impliqués plusieurs ministères maldiviens et le Centre de recherche sur l’énergie d’Utrecht (Pays-Bas). La dépendance des Maldives s’accentue avec la forte croissance de plus de 11 % par an de la demande d’électricité à Malé, la capitale, en raison de l’urbanisation et de l’augmentation du niveau de vie. « Nous avons démarré des formations destinées à sensibiliser les professionnels aux technologies et pratiques économes en énergie », explique Damien Cocard, de la Direction de l’action internationale de l’ADEME. Dans les îles isolées où sont installés des générateurs diesel polluants et énergivores, l’accent est mis sur le développement des énergies renouvelables. « Un module hybride photovoltaïque/diesel va très bientôt être installé sur une île pour en démontrer l’efficacité », renchérit Guy-Franck Merlo, expert à la direction Clients de l’ADEME. Autre priorité : la création de transports en commun, terrestres ou maritimes, encore peu organisés aujourd’hui, entraînant la multiplication des déplacements individuels. « Les pouvoirs publics réfléchissent à la mise en place d’un plan de développement sur l’île de la capitale et d’une ligne de transport collectif “propre” » ,conclut le Dr. Brahms Mohanty, correspondant de l’ADEME en Asie, à l’origine du projet.


Pour en savoir plus :
http://www.mcst.gov.mv/projects/smiles/















 CONTACT   Jean-Jacques Thomas
Tél.: 01 47 65 23 30
jean-jacques-thomas@ademe.fr