ENERGIES RENOUVELABLES
Le Parlement devrait adopter prochainement le projet de loi d’orientation sur l’énergie. Ce faisant, l'État confirme son objectif en respectant un engagement européen : porter la production intérieure d'électricité d'origine renouvelable de 16 % à 21 % de la consommation totale en 2010. Ceci passe, entre autres, par le développement de modules photovoltaïques : leurs cellules, généralement en silicium, convertissent la lumière en électricité.
Le texte prévoit ainsi la mise en œuvre du plan Face Sud, qui a pour objectif de porter à 50 000 le nombre d’installations photovoltaïques et thermiques annuellement dans l’habitat individuel.
DES INSTALLATIONS EN HAUSSE
« 2004 a été marquée
par une croissance forte des installations raccordées
au réseau (5,1 MW installés en 2004,
+ 90 %) et par une diminution du nombre des applications
domestiques en sites isolés (760 kW, - 20 %)
en raison de la saturation du marché »,
explique Fabrice Juquois du département énergies
renouvelables de l’ADEME. Leur puissance unitaire
évolue à la hausse avec notamment deux
installations de plus de 100 kW. Au total, le parc
connecté au réseau représente
9 MW (contre 0,6 MW fin 2002). C’est peu
comparé aux 300 MW de l’Allemagne par
exemple où le tarif d’achat de l’électricité
produite est trois fois supérieur à
celui pratiqué en France, ce qui constitue
un frein au développement national du photovoltaïque.
Par contre, des améliorations techniques sont
attendues.
PLUS D’INNOVATIONS
Suite à l’appel à projets
2003 de l’ADEME sur les matériaux, procédés
et cellules PV, trois nouveaux projets ont été
mis en place sur la filière du silicium cristallin
pour 2004-2009 : RÉDUCOP (Photowatt International,
CEA et CNRS) a pour objectif la réduction de
25 % en 4 ans des coûts directs de fabrication
des modules PV ; SiNERGIES (CEA/GENEC et CNRS) vise
à démontrer la faisabilité de
rendements de conversion PV de 20 % sur de grandes
plaques de silicium cristallin avec des procédés
transférables à l’industrie à
coût compétitif (moins de 0,8 €/W)
; PHOTOSIL (Invensil, Apollon Solar et CEA) devrait
aboutir à la construction d’un pilote
de fabrication de silicium matière première,
avec un coût direct de fabrication de 15 €/kg.
La deuxième filière technologique retenue
par l’ADEME est une approche couche mince à
base de composés polycristallins Cu-In-Ga-Se.
Le projet CISEL (EDF R&D, CNRS/LECA et Saint-Gobain
Recherche) devrait permettre de démontrer la
faisabilité de modules PV de 30 cm x 30 cm
à un coût inférieur à 0,7
€/W. Un projet de recherche plus prospectif –
CSPVP (CEA/GENEC et CNRS) – porte sur la filière
des matériaux organiques dont l’objectif
est de fabriquer une cellule avec un rendement de
conversion de 5 % et une durée de vie de 5 000 heures.
Dans le cadre du programme « Bâtiment
à l’horizon 2010 » avec le PUCA,
l’ADEME vise à rapprocher les professionnels
du PV et du bâtiment. Des produits ont été
développés par IMERYS Toiture, Lafarge
Couverture et ARCELOR/SUNLAND 21. Ce type de collaboration
est de plus en plus fréquent et favorise la
variété et la montée en puissance
des applications du photovoltaïque dans le secteur
du bâtiment.
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