Les huit Objectifs du millénaire pour le développement  
  La 15e session de la Commission du développement durable qui se tiendra à New York devrait arrêter, en avril 2007, des mesures concernant, notamment, l’accès à l’énergie afin de compenser le retard constaté en 2005 dans la réalisation des Objectifs de développement du millénaire. Adoptés en 2000 par la communauté internationale unanime, ces objectifs visaient, entre autres, d’ici 2015, l’éradication de l’extrême pauvreté et de la faim, l’accès à l’éducation et à la santé. En 2002, le sommet de Johannesburg a confirmé le rôle essentiel de l’accès à l’énergie pour atteindre ces objectifs. Il favorise la création d’activités génératrices de revenus. Il améliore le fonctionnement des centres de soins (chauffage, éclairage…) et des écoles, et favorise la scolarisation des jeunes filles, l’alphabétisation des adultes le soir, etc.  
 
 

 

Développement durable
Au-delà de l’énergie

L'ADEME a contribué au soutien apporté par la France aux pays du Sud pour favoriser l'accès à l'énergie, une des conditions nécessaires à la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement (ODM).

L'enjeu est de taille : plus de 2 milliards de personnes sont concernées. L'objectif est donc de réussir à pérenniser et à généraliser des programmes pour la fourniture de services énergétiques à grande échelle. Pour répondre à ce défi, l'ADEME apporte son expertise et ses conseils en accompagnant des opérations exemplaires, à vocation reproductible, et en partenariat avec des organismes publics et privés et des ONG. Ainsi, au Maroc, le Programme d'électrification rurale global (PERG) mené par l'Office national de l'énergie (ONE) s'est inspiré d'une expérience pilote, réalisée dès 1990, portant sur 30 villages alimentés par des systèmes photovoltaïques. Alors qu'en 1996, seulement 30 % de la population rurale avait accès à l'électricité, l'objectif de 100 % devrait être atteint fin 2007. 12 millions d'habitants de 35 000 villages auront alors bénéficié de ce programme.

De plus en plus de projets
Les infrastructures initiales sont financées par l'État et les bailleurs de fonds, les clients rémunérant une société privée locale qui assure la fourniture du service. Au terme d'un contrat de 10 à 15 ans, les équipements sont rétrocédés à l'usager. Aujourd'hui, plus de 250 000 personnes bénéficient d'énergie fournie par des « sociétés de services décentralisés », développées au Maroc, en Afrique du Sud et au Mali par EDF, le groupe Total, Nuon (société néerlandaise d'électricité) et l'ensemblier solaire Tenesol. L'objectif est de multiplier par quatre le nombre de bénéficiaires d'ici 2010. En Afrique de l'Ouest, l'ADEME soutient le programme « plateforme multifonctionnelle » du PNUD. À l'échelle du village, ces plateformes utilisent un petit moteur diesel qui fait tourner des machines pour la transformation de produits agricoles.

Développer les politiques nationales
Elles peuvent aussi fournir des services décentralisés pour le pompage et l'éclairage et s'adaptent pour l'utilisation d'énergies renouvelables (biocarburants, hydroélectricité). Elles permettent d'accroître sensiblement les revenus de 650 villages. Près de 5 000 plateformes devraient être opérationnelles à l'horizon 2010. La mobilisation des financements publics nécessaires pour changer d'échelle passe par le développement de politiques nationales ou sous-régionales adaptées. C'est le sens de l'initiative de l'Union européenne sur l'énergie (EUEI) soutenue par la France, et de l'appui apporté par le projet Mepred(1) coordonné par l'ADEME. Une première étape a permis l'élaboration d'un Livre blanc (2) visant l'accès aux services énergétiques des populations rurales et périurbaines en Afrique de l'Ouest, soit plus de 200 millions de personnes. Après avoir mis l'accent sur l'énergie, l'ADEME portera son effort sur le volet environnemental et la lutte contre le changement climatique avec la valorisation de la biomasse et des biocarburants, et la mobilisation du mécanisme de développement propre.

(1) Projet cofinancé par l'action «Coopener» du programme «Énergie intelligente pour l'Europe».
(2) Livre blanc de la CEDEAO et de l'UEMOA qui favorise l'accès aux services énergétiques pour les populations rurales et périurbaines dans le cadre des objectifs du millénaire.