Dégradation
du paysage... ou embellissement ? C’est évident, les éoliennes modifient
les paysages. Pour les uns, ces machines constituent une dégradation de l’environnement.
Pour les autres, ce sont des éléments architecturaux esthétiques. Soulignons cependant
que les projets éoliens en France sont très encadrés par les lois de janvier et
juillet 2003. L’implantation d’une éolienne nécessite le respect de procédures
administratives (27 étapes) et est soumise à la délivrance d’un permis de construire
par le préfet, permis qui s’accompagne obligatoirement d’une évaluation environnementale
et d’une étude paysagère. Un sondage commandé en 2003 par l’ADEME montre que les
riverains des parcs éoliens de l’Aude et du Finistère ont des jugements sur l’impact
des éoliennes plus favorables que les personnes moins directement concernées.
À la question
« estimez-vous que les éoliennes détériorent le paysage ? »,
61 % des sondés répondent “oui” au niveau national, mais seulement 41 % des riverains
des installations dans l’Aude et 33 % dans le Finistère. Cela renforce l’idée
que les oppositions, même les plus passionnelles, peuvent être réduites grâce
à une information objective. D’après une étude de l’ADEME réalisée en 2004 par
l’institut Louis Harris sur
« Les Français et les énergies renouvelables »,
98 % des personnes interrogées plébiscitent leur développement. L’éolien est bien
perçu : 62 % accepteraient qu’un parc de 8 à 10 éoliennes soit installé à moins
d’1 km de chez eux. Il convient également de préciser que les éoliennes sont des
équipements facilement démontables en fin de vie, ce qui permet de revenir au
paysage originel. Elles répondent aussi aux principes du développement durable
: elles sont constituées de matériaux recyclables et leur “retour sur énergie”
est extrêmement rapide puisque une éolienne fournit en seulement trois mois l’équivalent
de l’énergie qui a été nécessaire pour sa fabrication.
Nuisances
sonores... ou bruit acceptable ?
Si les éoliennes de première génération étaient effectivement bruyantes, de gros
progrès ont été accomplis depuis, tant pour ce qui est du bruit mécanique (produit
notamment par les engrenages dans les nacelles) que du bruit aérodynamique causé
par la circulation de l’air sur les pales. Le bruit engendré par les éoliennes
actuelles n’est plus perceptible au-delà de quelques centaines de mètres et l’émergence
maximale (qui mesure la nuisance sonore) tolérée par la réglementation est de
3dB la nuit et 5 dB le jour.
Soulignons que l’augmentation du niveau sonore
n’est pas proportionnelle au nombre de machines. De plus, ce niveau se stabilise
à partir d’une certaine vitesse du vent : au-delà de cette vitesse, le bruit du
vent continue, lui, d’augmenter et vient couvrir celui de l’éolienne par un effet
de “masque”.
Dangerosités...
ou risques mesurés ? Collision directe avec les pales, projections
au sol provoquées par les turbulences des pales… Les études réalisées en Europe
et par des associations spécialisées dans la protection des oiseaux montrent une
mortalité de 0,4 à 1,3 oiseau tué par éolienne et par an, ce qui reste très faible
au regard d’autres facteurs de mortalité comme la circulation routière, les lignes
électriques ou les baies vitrées. Pour minimiser encore le risque, des mesures
préventives peuvent être prises afin d’éviter l’implantation d’éoliennes dans
des couloirs de migration majeurs (ou en les implantant selon un axe parallèle
aux routes migratoires), dans des sites de nidification importants ou des territoires
d’espèces menacées. Quant aux éventuels dangers pour les humains, ils sont particulièrement
faibles. Les bris de pales ou les chutes d’éoliennes constatées sont extrêmement
rares : une étude sur 10 ans au Danemark, portant sur un parc de près de 1 912
machines, a donné une probabilité de destruction de 0,00083 par an. De plus, les
éoliennes sont conçues pour s’arrêter automatiquement quand la vitesse du vent
dépasse 90 km/h et pour supporter des rafales à 250 km/h. Par ailleurs, aucune
étude n’a pu démontrer la réalité d’autres risques pour la santé humaine (champs
électro-magnétiques, infrasons).
Production variable... ou énergie
garantie ? Pour une éolienne donnée, l’énergie produite dépend du
vent et ne peut donc être que variable : le taux de production est d’environ 30
% du temps avec des variations selon les sites de 25 % à 50 %. Mais cet argument
valable pour une éolienne l’est beaucoup moins avec la répartition du parc sur
tout le territoire : il est rare que le vent s’arrête de souffler en même temps
dans toutes les régions. Au niveau national, l’effet de la variabilité de l’éolien
est à relativiser. De plus, les variations de la puissance produite sont aujourd’hui
facilement gérables grâce aux prévisions possibles à 24 heures.
Surcoût...
ou investissement bien compris ? Depuis l’arrêté tarifaire de juin
2001, l’électricité éolienne est achetée par le service public de l’électricité
à un tarif supérieur par rapport aux sources conventionnelles, calculé en fonction
de la vitesse moyenne du vent sur le site (les sites les plus favorables bénéficiant
d’une aide moindre que les autres). On peut donc parler de surcoût. Mais ce surcoût
est transitoire et il doit être considéré comme un investissement : pendant une
période de lancement, il permet d’accompagner la montée en puissance progressive
de la filière industrielle correspondante, puis il est amené à s’éteindre à l’arrivée
à maturité de l’éolien. Ainsi, chaque année, le barème appliqué aux nouvelles
installations est réduit de 3,3 % avec un réduction supplémentaire de 10 % lorsque
le cap des 1 500 MW installés aura été franchi. L’objectif est à la fois de prendre
en compte l’évolution à la baisse des coûts des équipements et d’inciter les industriels
à poursuivre leurs efforts dans ce sens.
Dépenses...
ou avantages significatifs en termes
de revenus
et
d'emplois ? En 2003, en France, les surcoûts se sont élevés à 30
millions d’euros, soit environ 50 centimes d’euros pour chaque consommateur d’électricité.
Dans l’hypothèse où les objectifs de développement de l’éolien à l’horizon 2010
seront atteints, le surcoût représentera une hausse de prix de l’ordre de 2 %
de la facture d’électricité, soit un effort d’environ 6 euros par an et par foyer.
Mais au regard de cette dépense relativement modérée, les parcs éoliens constituent
une véritable filière économique générant revenus significatifs pour les collectivités
locales au travers de la taxe professionnelle et créations d’emplois pour la fabrication
du matériel, son installation et son entretien. De plus, elle participe au développement
local, car bien souvent l’installation et l’entretien sont confiés à des techniciens
locaux. Un exemple : l’Allemagne compte aujourd’hui 45 000 personnes travaillant
dans ce secteur.