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Des réalisations qui ont fait leur preuve

 

 

Produire de l’électricité ou de l’eau chaude à partir d’énergies renouvelables : la réussite d’un projet passe par la prise en compte de multiples facteurs*. Les collectivités ont un rôle important à jouer en veillant notamment au respect des contraintes environnementales, à l’acceptation des installations par la population voisine et à l’optimisation des retombées économiques.

* Pour les projets bois-énergie, se reporter au Dossier n° 16.

 

 

Production d’électricité
L’importance de l’intégration environnementale des projets
Les collectivités locales seront de plus en plus sollicitées pour mettre en œuvre des projets de production d’électricité à partir d’énergies renouvelables. Les nouveaux tarifs attractifs d’achat de l’électricité d’origine renouvelable entraînent en effet un intérêt grandissant pour cette énergie et incitent de nombreux acteurs - agriculteurs, particuliers, promoteurs industriels - à envisager la création d’équipements éoliens ou hydrauliques.
L’intégration environnementale, évaluée grâce à l’étude d’impact (obligatoire au-delà d’un investissement de 12 millions de francs), est primordiale, les diverses zones sensibles et leurs contraintes spécifiques devant être prises en compte : zones abritant des espèces protégées, voisinage d’aéroports, de sites historiques. Concernant l’installation d’une ferme éolienne, jusqu’à présent, nul besoin d’enquête publique car il ne s’agit pas d’une installation classée. Seul un permis de construire est exigé dans la plupart des cas. Des évolutions sont attendues. Un groupe de travail interministériel prépare actuellement de nouvelles dispositions qui doivent faire l’objet d’une circulaire ministérielle avant la fin de l’année 2001.

Sensibiliser la population, dès l’amont
La sensibilisation de la population, en amont du projet, est également indispensable, en particulier pour les projets hydrauliques qui peuvent avoir des implications sur d’autres activités comme la pêche ou le tourisme, et pour les éoliennes qui peuvent générer des réactions de rejet. « Quand un projet de parc éolien est envisagé sur un territoire, les riverains ont souvent des craintes, explique Mila Galiano, du département énergies renouvelables de l’ADEME. Celles-ci sont la plupart du temps liées à l’impact paysager ou sonore mais peuvent souvent être levées après concertation ». Pour ce faire, les délégations régionales de l’ADEME organisent, à la demande, des réunions d’information et proposent aux élus et responsables d’associations des visites de parcs existants, comme à Widehem (Pas-de-Calais), à Plouarzel ou Goulien en Bretagne. « Il est nécessaire d’associer aux discussions les associations et de créer une adhésion importante des riverains qui vivront dans un paysage transformé au quotidien », affirme Jean-Louis Bal.

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L'évaluation de la ressource éolienne

Des outils informatiques permettent d'identifier des sites et de réaliser une première évaluation du gisement éolien, comme ce fut le cas notamment en Languedoc-Roussillon, Picardie, Haute-Normandie, Midi-Pyrénées, Corse et Bretagne. Des études de gisement, soutenues par l'ADEME, consistent à effectuer dans un second temps des mesures plus précises (vitesse du vent, orientation, variations pendant au moins une année) sur les sites préalablement identifiés, comme par exemple en Champagne-Ardenne ou en Lorraine.

Une ressource économique significative
Les retombées économiques d’un projet EnR doivent être optimisées par les collectivités. Les habitants sont sensibles à l’apport économique que représentent notamment la taxe professionnelle et la valorisation du foncier (location du terrain, négociation avec les monteurs de projet). « La rentabilité du projet doit être inattaquable au niveau local », ajoute Mila Galiano. Si la ressource est suffisante et que les autres conditions sont réunies, un projet peut s’avérer économiquement intéressant pour la collectivité en termes de créations d’emplois et de revenus. Ainsi à Griffenant (Haute-Savoie), la vente à EDF de l’électricité produite par une micro-centrale de haute chute rapporte environ 100 000 F de redevance annuelle à la collectivité. À l’Ile d’Amour, la commune retire 700 000 F de recettes annuelles d’une autre micro-centrale. La création d’une “ferme” éolienne fait en général appel aux entreprises locales pour les travaux de génie civil et de connexion au réseau électrique. De plus, elle participe à l’image de modernité de la commune et peut contribuer à une dynamique de développement. Ces différents projets peuvent également intégrer une dimension touristique, comme par exemple à Rochefort-sur-Nenon et au Moulin de Chigny dans l’Aisne où un gîte rural a vu le jour à côté de la micro-centrale (cf. Lettre ADEME n° 71, novembre 2000). Dans l’Aude, le parc éolien de Sallèles-Limousis, le plus important de France avec 10 éoliennes de 750 kW chacune, attire lui aussi de nombreux touristes.


© O. Sébart/ADEME


Capteurs photovoltaïques intégrés à l’habitat
(ici, aux Pays-Bas).


© O. Sébart/ADEME



Capteurs solaires alimentant les HLM au Castanet (31).


© G. Fraysse/ADEME
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Production de chaleur
Une dynamique pour les collectivités locales et les particuliers
Le Plan Soleil, qui a pour vocation de promouvoir les systèmes de production d’eau chaude solaire, enclenche un cercle vertueux en agissant à la fois sur la demande de systèmes et sur l’offre (notamment par le développement d’un réseau d’installateurs compétents), ce qui aura pour effet de faire décoller le marché avant de faire baisser les coûts des technologies. Une dynamique existe pour les chauffe-eau individuels et les réalisations collectives (bâtiments publics tels que hôpitaux, maisons de retraite, mais aussi logements sociaux, hôtellerie, campings). Pour inciter les maîtres d’ouvrage à avoir recours à l’énergie solaire a été mise en place la garantie de résultats solaires (GRS) apportée par les fabricants, les installateurs et les bureaux d’études, et couvrant les problèmes de fonctionnement et les aléas climatiques. Comme dans cette HLM de Narbonne comptant 800 logements où 600 m2 de capteurs assureront la moitié des besoins d’eau chaude. Dans cette autre HLM d’Échirolles (Isère), l’économie des charges est estimée chaque année à 400 F par appartement. L’OPAC 38, qui gère 21 000 logements sociaux, est d’ailleurs à la pointe dans ce domaine. « Pour maîtriser le couple “loyer + charges”, l’utilisation des énergies renouvelables s’avère un outil efficace », affirme son Président, M. Ribaud.

La production d’électricité et de chaleur en chiffres

  État du parc Objectifs contrat de Plan État/ADEME
Prévisions ADEME
2000
2006 2010
Éolien
(Métropole + DOM)
70 MW
4 000 MW 10 000 MW
Petite hydraulique
(Métropole + DOM)
2 000 MW 2 250 MW 3 000 MW
Solaire thermique*
Métropole
DOM
480 000 m2
  70 000 m2
1 030 000 m2
   150 000 m2
1 500 000 m2
   230 000 m2
*Surface de capteurs installés

Toutes les régions concernées
Ces techniques ne sont pas réservées aux seules régions du Sud. À Rennes, par exemple, la crèche de la Poterie couvre, grâce à ses quelque 90 m2 de capteurs, 100 % de ses besoins en eau chaude sanitaire entre mai et septembre. Là aussi, comme dans le cas de la production d’électricité, il convient de bâtir le projet sur des bases solides : réalisation d’une étude de faisabilité à partir des données climatiques locales, analyse des besoins en veillant notamment à la concordance entre ceux-ci et l’ensoleillement.

 
 


 
 
Jean-Louis Bal
Tél. : 01 47 65 22 27
jean-louis.bal@ademe.fr
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L’intégration architecturale

L’insertion de capteurs photovoltaïques ou thermiques dans un bâtiment neuf ou ancien doit être soigneusement étudiée. Il existe des équipements photovoltaïques combinant les fonctions capteur et couverture, et permettant des solutions architecturales à la fois économiques et esthétiques. En ce qui concerne le solaire thermique, dans le cas d’un bâtiment existant, il faut veiller à la place des capteurs, à leur orientation optimale par rapport au rayonnement solaire, à l’emplacement des réservoirs de stockage de l’énergie…

 




 

À Donzère, une ferme éolienne de 600 kW

La ferme éolienne de Donzère, en Rhône-Alpes, est la première du programme Éole 2005 à avoir été mise en service en métropole. Constituée de cinq éoliennes de 600 kW, elle a coûté 23 millions de francs. L’électricité produite est entièrement revendue par l’exploitant SINERG à EDF dans le cadre d’un contrat d’achat de 25 ans. Une modification des tarifs au bout de 15 ans est prévue.

 
 


 
 
Jacqueline Laurent
Tél. : 04 72 83 46 08
jacqueline.laurent@ademe.fr
 



 

© S-P. Mosse/ADEME
La centrale verte de Rochefort-sur-Nenon

Une centrale basse chute de 581 kW a été construite à Rochefort-sur-Nenon, une petite commune du Jura baignée par le Doubs. Bien intégrée à l’environnement, elle a obtenu en 1994 le prix de la centrale la plus verte. À travers cet équipement, les élus de cette collectivité de 658 habitants ont joué la carte touristique. Le déversoir franchissable permet en effet la pratique du kayak tandis que les gravières sont devenues des plages très fréquentées par les estivants. D’un coût de 5,6 millions de francs, cette centrale assure à la commune une recette annuelle d’environ 400 000 F.
 
 


 
 
Jean-Yves Richard
Tél. : 03 81 25 50 00
jean-yves.richard@ademe.fr
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