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Faire feu de tout bois mais avec méthode

 

 

Pour tirer parti de tous les avantages de la solution bois et assurer la viabilité des installations, les collectivités locales et les industriels ayant fait ce choix ont pris en compte en amont l’ensemble des paramètres participant à l’économie du projet. Cette analyse doit se faire au plus près du contexte local en fédérant les différents acteurs concernés.

 

 
© O.Sébart/ADEME
 

 

«L'énergie bois est compétitive, précise Jean-Christophe Pouet, chef de projet bois-énergie de l'ADEME à Angers. Elle coûte quatre fois moins cher que le fioul ou le gaz.» Cependant, une chaufferie au bois constitue un investissement nettement plus important qu’une chaudière au fioul ou au gaz. Aux côtés d’autres institutions, l'ADEME apporte une aide à l’équipement qui, en abaissant durablement les charges d’amortissement, contribue à améliorer la rentabilité des projets (cf. soutiens financiers).

La nécessité d’une réflexion globale
Un projet de chaufferie bois nécessite une vraie réflexion en amont avec une étude pouvant être soutenue par l'ADEME : l’économie de chaque projet doit en effet être envisagée globalement, en prenant en compte à la fois les disponibilités locales de la ressource en bois (ressources forestières, déchets et sous-produits de l’industrie du bois) et les débouchés de la production de chaleur avec, par exemple, la connexion à un réseau de chaleur desservant un groupement d’immeubles, des équipements collectifs... Chaque projet doit faire l’objet d’une étude spécifique : s’il n’existe pas de source d'approvisionnement proche, le coût du transport (sans compter la pollution engendrée par celui-ci) s'avérera très vite un frein à la réalisation. Au contraire, le même type d’équipement implanté dans une région forestière aura naturellement une toute autre viabilité si un consommateur se situe à proximité.
Dans l'installation d'une chaufferie collective ou industrielle au bois, la proximité des ressources est donc souvent, comme le rappelle Michel Azière, ingénieur à l'ADEME Bourgogne, « l'une des conditions principales ». « Avant de mettre en œuvre un projet de ce type, il faut également bien prendre en compte les contraintes techniques. Par exemple, il n’a pas été possible d’équiper d’une chaufferie au bois une maison de retraite conformément au choix de son Conseil d’administration car elle était enclavée, ce qui posait des difficultés pour l'approvisionnement. Pour la rendre accessible, il aurait fallu réaliser de nombreux travaux de génie civil, entraînant un surcoût excessif. »


Une ressource pérenne et de qualité

Autres paramètres essentiels à prendre en compte : la qualité et la pérennité de la ressource. Les quantités économiquement disponibles doivent être suffisantes et durables; et le bois doit satisfaire aux critères requis par l’installation (taux d’humidité, types d’essences, dimensions et conditionnement du bois, cadencement des livraisons...). C’est pour s’assurer de ces critères que, dans le cadre d’une opération à la Ferté-Macé en Normandie, une structure commerciale a été créée en partenariat avec l’ADEME, regroupant la collectivité et les scieries avec qui a été passé un contrat indiquant un tonnage et une qualité à fournir chaque année. À Autun, une entreprise de logistique a également été intégrée au programme afin d’assurer la collecte, le stockage et la livraison des 18 000 tonnes de bois dont la centrale de 8 MW a besoin chaque année, avec un engagement portant sur 24 ans.

Le choix des industriels
Des industries ont également fait le choix de chaufferies au bois. On en compte plus de 1 000 actuellement en France. « Cela représente environ 500 000 tep/an », indique Christophe Barel, ingénieur bois-énergie de l’ADEME à Angers. « La plupart des entreprises qui se sont équipées d’une telle chaufferie travaillent dans le domaine du bois (scieries, papeteries, ameublement…). Il s’agit donc principalement d’autoconsommation. » La rentabilité de ce type de chaufferies est beaucoup plus évidente que celle des chaufferies collectives. L’objectif du programme bois-énergie est de généraliser l’utilisation de proximité des sous-produits en évitant ainsi leur mise en décharge et leur destruction à l’air libre.

Professionnaliser les approvisionnements
Réorienter l’approvisionnement des chaufferies collectives et industrielles est un des enjeux forts du programme bois-énergie car actuellement il se fait à 85 % à partir des déchets de bois. Ceci nécessite la mise en œuvre de programmes d’études et la conduite d’expérimentations sur le terrain. Ce travail doit être mené en parfaite synergie avec les entreprises afin de rechercher une meilleure articulation entre les besoins des industries du bois (trituration) et ceux du bois-énergie. Il faut également produire à grande échelle de la plaquette forestière et passer à l’échelle industrielle (il n’existe actuellement qu’une vingtaine d’entreprises pouvant la produire à grande échelle). Enfin, il convient de développer des sociétés d’approvisionnement. Cette nouvelle orientation aura un effet positif sur la gestion des forêts et sera source d’emploi local.

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  Programme bois-énergie 2000-2006 : chiffres-clés
Consommation de bois-énergie en France : 40 millions de m3 par an
(25 millions d’origine forestière et 15 millions issus de sous-produits de l’industrie du bois et d’exploitations rurales).
Chaufferies industrielles et collectives
Plus de 1 500 chaufferies collectives ou industrielles au bois en France.
Objectifs 2006 :
installer plus de 1 000 chaufferies nouvelles (400 dans le secteur industriel et 600 dans le secteur urbain ou collectif),
économiser 300 000 tep/an supplémentaires de combustibles fossiles,
réduire de 700 000 tonnes supplémentaires les émissions de CO2 chaque année,
créer de 600 à 1 000 emplois.
Chauffage domestique
6 millions de logements individuels équipés d’un chauffage au bois, pour une consommation de 8 Mtep/an.
Objectifs 2006 :
améliorer de 10 % le rendement énergétique et la performance environnementale globale du secteur domestique,
économiser 270 000 tep/an supplémentaires de combustibles fossiles,
réduire de 700 000 tonnes supplémentaires les émissions de CO2 chaque année,
créer 1 000 emplois directs supplémentaires.

Source : Programme bois-énergie 2000-2006, Décembre 2000, ADEME Editions, réf.3533.
 


   
 
Jean-Christophe Pouet
jean-christophe.pouet@ademe.fr
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© O.Sébart/ADEME
 

 

De l’énergie fournie par les déchets et les sous-produits forestiers
Depuis 1997, à Belle-Ile-en-Terre (Côtes d’Armor), un bâtiment communal, regroupant la mairie, la bibliothèque et le Trésor public, ainsi qu’un centre d’initiation de la rivière pouvant accueillir 80 enfants, sont chauffés au bois. D’une puissance de 300 kW, cette chaufferie au bois consomme chaque année 120 tonnes de bois. La Société bretonne de l’emballage (spécialisée dans la fabrication de cagettes en bois) est chargée de l’approvisionnement. L’énergie consommée par la chaufferie ne provient pas seulement des déchets mais aussi de sous-produits forestiers. La municipalité souhaite aussi prochainement planter des taillis de saule pour alimenter sa chaufferie qui lui a coûté 458 000 F (soit moins de 60 % de l’investissement total grâce aux aides de l’ADEME et du Conseil général).

 

   
 
Gilles Petitjean
Tél. : 01 47 65 20 52

gilles.petitjean@ademe.fr
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Des locaux mieux chauffés
La société Tosseri, basée non loin de Pontarlier, s'est équipée l'an dernier d'une chaufferie au bois automatique. Celle-ci est alimentée grâce aux 500 tonnes de déchets produites chaque année par cette entreprise spécialisée dans la fabrication de boîtes de fromages en bois. Ainsi, les ateliers sont mieux chauffés.

Un exemple de chaufferie à déchets de bois
(LAPEYRE à Ydes, Cantal).


© O.Sébart/ADEME
 
   
 
Michel Cairey-Remonnay
michel.cairey-remonnay@ademe.fr
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