Les déchets spécifiques
Savez-vous
que… ?

L’incinération des ordures ménagères génère 250 kg de mâchefers et 50 kg de résidus d’épuration des fumées environ par tonne.

Les résidus d’incinération et refus de tri

Définition

L’incinération des déchets génère deux types de résidus :

Les mâchefers sont les résidus solides résultant de la combustion des déchets. Ces résidus contiennent d’une part, certains éléments métalliques qui peuvent être retirés dans un but de recyclage et d’autre part, un certain taux de minéraux (silice) leur permettant une utilisation comme matériau de substitution en techniques routières. En outre, la présence de polluants (métaux lourds) peut être relevée.

Les résidus d’épuration des fumées qui sont composées :

des cendres issues du dépoussiérage des fumées ;

des résidus de déchloruration des fumées.

Dans le cas de l’incinération des ordures ménagères, ces résidus sont appelés REFIOM (Résidus d’Épuration des Fumées d’Incinération d’Ordures Ménagères). On parle aussi de REFIDI pour les déchets industriels (Résidus d’Epuration des Fumées d’Incinération des Déchets Industriels).

Ces résidus sont, après stabilisation, des déchets ultimes.

Les refus de tri 

Le tri consiste à séparer, par divers procédés, toutes les catégories (ou sous-catégories) de déchets qui ont été collectées et qui sont destinées à un repreneur qui en assurera le recyclage. C’est le cahier des charges établi par le repreneur qui fixe les qualités de pureté du matériau. Ce tri peut être initialisé dès la collecte (collecte sélective en porte à porte ou par apport volontaire). Il est affiné, voire réalisé directement, dans des installations spécifiques : les centres de tri.

On distingue en général :

le tri positif : chaque trieur prélève une des fractions : papiers, cartons, métaux, plastiques, verre, etc.,

le tri négatif : chaque trieur extrait du gisement les éléments indésirables.

Chacune de ces stratégies a ses avantages et ses inconvénients : bonne qualité des produits triés mais rendement relativement faible pour le tri positif et qualité moindre mais rendement plus élevé pour le tri négatif.

L’ajustement du besoin d’élimination avec les débouchés débute dès la conception du centre (préparation du déchets, conception de la ligne de tri, ergonomie et mécanisation). Il nécessite une détermination précise des filières selon les PTM (prescriptions techniques par produit) car au coût du tri s’ajoute le coût de transport et le coût d’élimination des refus de tri. Le pourcentage de ces refus varie considérablement (15 à 50 % selon les choix) ainsi que la détermination du prix de vente. (par ex. certains plastiques sont recyclés à un niveau d’impureté > 1/1 000). Des refus de tri de certaines filières, RBA automobiles ou électroniques en particulier, trouvent preneurs pour la valorisation des métaux et des produits combustibles non toxiques.

Côté pratique 

Quel traitement/valorisation pour les mâchefers ?

Les mâchefers suivent des voies différentes en fonction des résultats au test de potentiel polluant qui comporte trois lixiviations successives :

les mâchefers à faible fraction lixiviation peuvent être directement valorisés en technique routière (structures routières, parkings, remblais…),

les mâchefers intermédiaires qui doivent subir une maturation (stabilisation, carbonisation) d’une durée maximale d’un an. Si le nouveau test polluant souligne que leurs caractéristiques ne sont toujours pas compatibles avec les conditions requises pour la valorisation, ils devront être mis en décharge autorisée,

les mâchefers à forte fraction lixiviation doivent être éliminés en décharges de résidus urbains et assimilés avec un prétraitement si nécessaire.

Quel traitement/valorisation pour les REFIOM ?

Plusieurs techniques permettent d’obtenir des produits très peu nocifs pour l’environnement :

la solidification à base de liants hydrauliques (ciments, chaux…) ; elle s’accompagne souvent d’une stabilisation qui diminue la mobilité des produits toxiques,

la vitrification qui s’effectue par chauffage du déchet à haute température (torche à plasma) ou par enrobage dans une matrice verrière. Ce procédé comporte une difficulté essentielle : le fait de piéger des métaux lourds et des Composés Organiques Volatils (COV) afin d’éviter tout transfert de pollution,

l’encapsulation qui enveloppe le déchet afin qu’il soit imperméable et chimiquement inerte vis-à-vis de l’extérieur. Cet emballage peut être réalisé à partir de matières plastiques (PVC, PET, résines phénoliques…) ou bitumeuses.


Les incinérateurs de déchets non dangereux autorisés avant le 28 décembre 2002 sont réglementés par l’arrêté du 25 janvier 1991 jusqu’au 28 décembre 2005. À compter de cette date, ils devront se conformer aux dispositions de l’arrêté du 20 septembre 2002. Ce dernier transpose la directive n° 2000/76 du 4 décembre 2000 sur l’incinération des déchets et s’applique d’ores et déjà aux installations nouvellement autorisées.
Chacun de ces arrêtés impose des prescriptions concernant le contrôle, l’entreposage, le transport et l’élimination des déchets produits par l’installation d’incinération, dont les mâchefers et les résidus d’épuration des fumées. Les dispositions suivantes peuvent notamment être relevées :
les résidus d’épuration des fumées et les mâchefers doivent être stockés séparément
le stock de résidus d’épuration présent avant évacuation doit être protégé de la pluie et des envols
les mâchefers doivent être refroidis
le transport des résidus de l’incinération entre le site de production et le lieu d’élimination doit se faire de manière à éviter tout envol de matériau, notamment dans le cas de déchets pulvérulents.

La circulaire du 9 mai 1994 relative à l’élimination des mâchefers d’incinération des résidus urbains détermine les différentes filières de traitement des mâchefers en fonction de leurs caractéristiques physiques et chimiques et de leur potentiel polluant (cf. supra).
Les résidus d’épuration des fumées d’incinération doivent, quant à eux, être éliminés en centre d’enfouissement technique de classe 1 après avoir été stabilisés.