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Le coût des
effets de la pollution atmosphérique sur la santé de la population française |
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Différentes études ont été menées
récemment, pour tenter dévaluer les conséquences de la pollution atmosphérique
sur la santé :

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Une étude, dite "des neuf villes",
publiée récemment par l'Institut de Veille Sanitaire (InVS), concernant la mortalité
annuelle à court terme liée aux effets à court terme de la pollution atmosphérique
urbaine dans neuf villes françaises, |

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Et, dans le cadre du programme PRIMEQUAL/PREDIT,
pour préparer la Conférence de l'OMS qui s'est tenue à Londres en juin 1999, une étude
trilatérale menée conjointement en Autriche, en France et en Suisse. LADEME en a
coordonné le volet français. impliquant des équipes de lUniversité Paris VII ,
lIFEN, lInstitut de Veille Sanitaire (InVS) et, associés au CNRS, les
laboratoires BETA, EUREQUa et GREQAM. |
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L'objectif de l'étude trilatérale : Estimer
limportance des effets sur le long terme et des coûts sanitaires de la pollution
atmosphérique, et en particulier la part attribuable à la pollution liée aux transports
routiers. A chaque étape des travaux, effectués sous le contrôle de trois experts
internationaux, une approche prudente a été adoptée, ne retenant que les hypothèses
les plus basses. Les résultats, très proches dans les trois pays lorsquils
sont exprimés en valeur monétaire par habitant, doivent donc être interprétés
comme des ordres de grandeur minimaux. |

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Le choix de l'indicateur : Les
particules en suspension de diamètre médian inférieur à 10 µm (PM10) ont
été retenues comme indicateur de la pollution atmosphérique dans son ensemble. Ce choix
a été motivé par plusieurs raisons :

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elles représentent la partie inhalable des poussières en suspension dans
l'air et pénètrent profondément dans l'appareil respiratoire, |

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les effets de ce type de particules sur la santé de l'homme sont
relativement bien connus grâce aux nombreuses études toxicologiques et
épidémiologiques qui existent sur le sujet, |

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on sait que la circulation automobile, notamment celle des véhicules
diesel, est à l'origine d'émissions de particules fines, |

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la mesure des particules et des PM10 est réalisée de façon courante par
l'ensemble des réseaux de mesures des trois pays (Autriche, France, Suisse). associés au
programme multilatéral. |
En 1996, il est apparu que lexposition moyenne annuelle de la population
française métropolitaine pouvait être estimée à 23,5 µg/m3 pour
l'ensemble des PM10, dites PM10 totales, dont 8,9 µg/m3
attribuables aux transports routiers. |

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La méthodologie :

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Les cas supplémentaires de mortalité prématurée et de
morbidité (maladies ou symptômes de maladies) liés aux niveaux de
concentration en PM10 ont été estimés à partir des connaissances
épidémiologiques les plus récentes sur les relations entre le niveau
dexposition aux PM 10 et les risques encourus. |

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Lévaluation du coût de ces cas supplémentaires (voir
tableau) a été effectuée selon deux approches:

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les "consentements à payer", cest-à-dire ce que
chacun est théoriquement prêt à payer pour réduire les risques de mortalité,
de morbidité et de "pertes de bien-être" (aspects psychologiques, douleur,
peine...) |

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les pertes de ressources économiques réelles, que représentent
les pertes de consommation liées aux décès prématurés, les dépenses de santé
associées à la morbidité, les coûts de l'absentéisme (hors "pertes de
bien-être"). |
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Les principaux résultats du volet français
de l'étude : Effets sur la santé de la
pollution par les PM10 en France
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Evaluation
associée aux PM10 totales |
Evaluation
de la part liée au trafic routier |
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Cas
supplémentaires |
Consentements à
payer individuels
(millions de francs) |
Pertes de
ressources économiques
(millions de francs) |
Cas
supplémentaires |
Consentements à
payer individuels
(millions de francs) |
Pertes de
ressources économiques
(millions de francs) |
| Mortalité de long terme |
31 692 |
190 152 |
26 146 |
17 629 |
105 774 |
14 545 |
- Hospitalisations pour causes respiratoires et cardio-vasculaires
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33 537 |
1 732 |
1 034 |
18 668 |
964 |
575 |
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36 726 |
50 353 |
795 |
20 429 |
28 009 |
442 |
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450 218 |
387 |
115 |
250 434 |
215 |
64 |
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820 000 |
167 |
3 |
450 000 |
93 |
2 |
- Jours dactivité restreinte
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24,6 106 |
15 156 |
9 191 |
13,7 106 |
8 430 |
5 112 |
| Total morbidité (M.F.) |
- |
67 795 |
11 138 |
- |
37 711 |
6 195 |
| Total (M.F.) |
- |
257 947 |
37 284 |
- |
143 487 |
20 740 |
Les coûts
directs liés à la santé de la population française, engendrés par la pollution
atmosphérique sont donc évalués à plus de 35 milliards de francs par an, dont 20
milliards de francs (57 %) seraient attribuables à la pollution générée par le
transport routier.
Il apparaît que les français déclarent être théoriquement prêts
à payer 6 fois plus cher une réduction des risques sur la santé et des pertes de
bien-être, liés à la pollution atmosphérique et 7 fois plus que les coûts directs
liés aux transports routiers pour en éliminer les effets. |

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Accidents de la route et pollution atmosphérique :
des bilans comparablesLes accidents de la route génèrent chaque
année environ 8 500 décès et 30 000 blessés graves. Lâge moyen de décès
d'un accidenté de la route est 40 ans. Lespérance moyenne de vie à cet âge (40
ans) est aussi de 40 ans. Une personne décédant lors dun accident de la route perd
donc en moyenne 40 années de vie. Ainsi, 340 000 années de vie sont perdues chaque
année du fait des accidents de la route (8 500 décès ´
40 années de vie perdues). En 1996, lévaluation annuelle du coût des décès et
hospitalisations liés aux accidents de la route s'élevait à environ 32 milliards de
francs.
Il a été évalué que la pollution atmosphérique génère, elle aussi, vers
lâge de 78 ans, des décès prématurés dus aux différentes affections liées à
une exposition de long terme à la pollution (31 600 décès pour de telles causes sont
ainsi déplorés chaque année). Lespérance de vie, lorsque l'on a atteint
lâge de 78 ans, étant encore de 10 ans, 316 000 années de vie sont donc
perdues chaque année du fait de la pollution atmosphérique (31 600 décès ´ 10 années de vie perdues).
Lévaluation des pertes de ressources économiques liées à la mortalité et la
morbidité associés à la pollution atmosphérique se chiffrent, dans l'étude
trilatérale, à 37 milliards de francs /an environ (cf. 4ème colonne du tableau).
Ainsi, les effets sanitaires de la pollution atmosphérique, en termes de
réduction moyenne de lespérance de vie de la population française (environ
320 000 années de vie perdues / an) et en termes de coûts directs (autour de 35
milliards de francs /an), sont comparables à ceux des accidents de la route. |

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Étude trilatérale et étude des 9 villes : des
résultats complémentairesLes résultats récemment publiés par
lInstitut de Veille Sanitaire évaluaient à 265 le nombre annuel de décès
anticipés liés aux effets à court terme de la pollution atmosphérique urbaine dans les
neuf villes françaises concernées par cette étude dite "des neuf villes". Les
deux études (l'étude trilatérale et l'étude des neuf villes), loin de donner des
résultats contradictoires, se complètent, comme l'indique cette comparaison :
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Etude des 9 villes |
Etude trilatérale |
| Objectifs |
Effets à court terme |
Effets à long terme |
| Effets de la pollution atmosphérique étudiés |
La pollution atmosphérique y est étudiée en tant que facteur
de risque surajouté, à l'origine de décès chez des personnes souffrant déjà de
pathologies cardio-respiratoires chroniques. Lanticipation de ces décès est de
lordre de quelques semaines au minimum. |
La pollution atmosphérique y est étudiée en tant que
facteur de risque à lorigine daffections chroniques ou de cancers, notamment
respiratoires. Ces affections conduisent à des décès
" prématurés " correspondant à la perte de dix années
de vie selon létude trilatérale. |
| Effets sur la santé induits |
Les décès estimés dans létude des neufs villes
correspondent en effet à des décès "anticipés" survenant à court
terme en rapport avec des augmentations journalières de pollution atmosphérique. |
Lapproche retenue dans létude trilatérale
étudie, elle, les risques de mortalité à long terme résultant
dune exposition cumulative à des niveaux moyens de pollution atmosphérique pendant
plusieurs années. |
| Population étudiée |
10 millions de personnes (neuf villes) |
58 millions de personnes (France entière) |
| Conditions d'exposition |
L'exposition aux polluants atmosphériques de la population
d'étude a été estimée directement à partir des résultats des réseaux de mesure. |
L'exposition a été estimée à partir d'une
modélisation, élaborée à partir des résultats des réseaux de mesure. |
| Fonction exposition-risque : pourcentage d'augmentation du
risque |
0,6 % pour 10 µg/m3 |
4 % pour 10 µg/m3 |
| Recommandations |
Létude des neuf villes a estimé le nombre de décès
anticipés qui pourraient être évités si les niveaux de pollution des 90 jours les
plus pollués de lannée étaient ramenés au niveau des 90 jours les moins
pollués. Ce calcul correspond à un objectif raisonable de réduction des émissions
qu'il est possible d'atteindre. |
Létude trilatérale, elle, étudie les effets
sanitaires qui seraient évités si le niveau de pollution de lensemble des jours
de lannée était ramené au niveau annuel théorique de 7,5 µg/m3.
Ce niveau de référence choisi (7,5 µg/m3) est particulièrement faible
(certaines études internationales choisissent un niveau de 15 µg/m3). Il
peut être considéré comme le niveau de pollution naturel. Les décès
prématurés obtenus dans létude trilatérale peuvent alors être interprétés
comme ceux que lon pourrait éviter si la pollution particulaire dorigine
humaine était complètement supprimée. |
| Nombre de décès estimés |
265 décès anticipés (de quelques semaines au
minimum) par an |
31 692 décès prématurés (d'environ 10 ans) par an |
En l'état actuel des connaissances scientifiques, il apparaît
bien que la pollution atmosphérique exerce des effets sur la mortalité à la fois à
court terme, du fait des variations journalières de la pollution, et à long
terme, du fait dune exposition cumulée.
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Pour en savoir plus :
ADEME - Direction de l'Air et des Transports
Alain MORCHEOINE
Programme PRIMEQUAL-PREDIT : compte-rendu du
colloque 1997 sur la pollution de l'air à l'échelle urbaine et locale - l'état des
connaissances scientifiques pour la prévision et la prévention. |

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